Dernières mises à jour, le 23 juillet 2008 : Tour de France 2008 - Biographie d'Henri Ier, roi de France de 1031 à 1060
Accueil     Aéronautique     Annuaire     Géographie     Histoire     Services     Sport     Contact
Vous voulez participer à l'agrandissement du site ? Proposez une idée !
Comment l'industrie aéronautique peut réduire les émissions de gaz polluants dans l'atmosphère ?
1) Prise de conscience écologique

Au cours des dernières décennies, la problèmatique environnementale n'a cessé de prendre de l'importance. La prise de conscience écologique a pu se faire à travers la médiatisation des découvertes scientifiques et l'action des groupes de pression. Mais l'historique de cette prise de conscience est aussi pontué par les grandes catastrophes industrielles :

- En 1976, une explosion dans une usine en Italie blesse 200 personnes et en emposonne 700 autres. Cet accident donnera naissance à la directive Seveso, qui instaure un périmètre de sécurité autour des installations à risques en Europe.
- En 1984, la catastrophe la plus meurtrière de l'époque industrielle, celle de Bhopal, causera pas moins de 2000 morts et des milliers de blessés.
- En 1986, l'incendie de la centrale nucléaire de Tchernobyl contamine de larges étendues et est à l'origine d'un nuage radioactif qui ira jusqu'au Japon.
- De nombreuses catastrophes pétrolières : En 1978, l'Amoco Cadiz ; en 1989, l'Exxon Valdez ; en 1993, le Braer ; en 1999, l'Erika.

Face à ces crises écologiques, les sociétés ont commencé à se mobiliser et à prendre des mesures à partir des années 1970 :

- 1972 : Première grande conférence sur l'environnement à Stockholm et mise sur pied du programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
- 1987 : Protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone et publication, par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, du célèbre rapport Brundtland.
- 1989 : Convention de Bâle sur les mouvements transfrontaliers de déchets.
- 1992 : Conférence de Rio où les États les plus riches, pour lesquels une baisse de croissance ne semblait plus supportable et qui étaient en plus responsables des émissions les plus importantes, ont pris l'engagement de stabiliser en 2000 leurs émissions au niveau de 1990.
- 1997 : Protocole de Kyoto, qui traduisit en engagements quantitatifs juridiquement contraignants cette volonté.

De ce fait, les industries ont été obligées de faire un effort pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

2) Réduction de la pollution dans l'industrie aéronautique

Les différents engagements et procédés visant à réduire la pollution sont:

- La réduction de la consommation de carburant
- La réduction de la pollution atmosphérique
- Des décollages et des atterrissages plus silencieux
- Des trajets de ville à ville (diminution du nombre de décollage)
- Des techniques de fabrication produisant moins de déchets
- Recyclage des appareils en fin de vie
- Un nouveau système de gestion du trafic aérien
- L'engagement principal des compagnies aériennes
- Les quotas de CO2 appliqués au transport aérien

1) La réduction de la consommation de carburant

Les constructeurs aéronautiques arrivent à limiter la consommation de carburant grâce, en partie, à :
           - de nouveaux réacteurs
           - une utilisation accrue de matériaux composites légers (Ces matériaux composent 1/4 de l'A380)
           - l'application de systèmes plus efficaces (systèmes électriques notamment)
           - d'une aérodynamique moderne (appuyée par des simulations sur ordinateur)

Ainsi le Boeing 787 Dreamliner consomme 20% de carburant en moins que les avions de taille équivalente.

2) La réduction de la pollution atmosphérique

La combustion du kérosène génère du dioxyde de carbone (CO2). La réduction de la consommation de carburant implique donc une diminution équivalente des émissions de dioxyde de carbone.

3) Des décollages et des atterrissages plus silencieux

Comme le savent les habitants des zones voisines des aéroports, la réduction du bruit créé par les avions lors du décollage et de l'atterrissage est une mesure importante en termes d'impact sur l'environnement. Pour réduire les émissions sonores, les constructeurs aéronautiques font appel à un certain nombre des nouvelles technologies (notamment les entrées d'air et les chevrons de réacteurs silencieux, les bords dentelés caractéristiques à l'arrière du réacteur et d'autres traitements spéciaux pour les réacteurs et les carters de réacteur). Ainsi, l'empreinte sonore du nouveau Boeing 787 Dreamliner est inférieure de plus de 60% à celle des avions de taille similaire actuels.

4) Des trajets de ville à ville (diminution du nombre de décollage)

Les nouveaux avions, comme l'A380 ou le 787, sont capables de parcourir un grande distance sans escale, ce qui supprime un bon nombre de décollages et d'atterrissages inutiles, puisque le vol s'effectue sans escale. L'acheminement "ville à ville" des passagers offre un certain nombre d'avantages pour l'environnement. Un itinéraire plus direct implique une réduction de la consommation de carburant et donc une réduction des émissions dans l'atmosphère. De même, une décroissance du nombre de décollages et d'atterrissages fait baisser l'empreinte sonore totale. Et, pour les passagers devant se rendre dans des aéroports d'escale (les hubs), la suppression du trafic de transit aboutit à des aéroports et des couloirs aériens moins encombrés. Des études montrent qu'entre 30 et 50% des passagers des grands aéroports ne font qu'y transiter, ce qui crée des congestions et nuit à l'environnement dans une ville qui n'est ni leur point de départ, ni leur point de destination.

5) Des techniques de fabrication produisant moins de déchets

Le 787 et l'A380 étant essentiellement constitués de matériaux composites en fibre de carbone, un matériau taillé comme le tissu, les processus de fabrication génèreront moins de déperdition de matériaux et de déchets. Les avions modernes sont essentiellement constitués d'aluminium, qui doit être fraisé et usiné à partir de grandes tôles ou de grands blocs pour créer une structure d'avion. En général, jusqu'à 90 % de l'aluminium brut utilisé pour créer des pièces d'avion est transformé en chutes de matériaux au cours du processus de fabrication. Bien que ce matériau soit recyclable, il est préférable d'éviter au maximum le gaspillage. La solution composite utilisée pour ces avions répond à ce souci. De plus, les équipes de conception travaillent sur des normes visan à réduire voire supprimer les matériaux les plus nuisibles pour l'environnement et la santé des ouvriers.
On obtient ainsi un processus de fabrication et de maintenance produisant moins de déchets et utilisant moins de produits et agents chimiques dangereux.

6) Recyclage des appareils en fin de vie

Boeing, par exemple, travaille déjà avec des sociétés du monde entier afin de garantir la mise en place des processus requis pour permettre le recyclage du 787 lorsqu'il sera arrivé en fin de vie. Bien que ces appareils ne devraient pas être mis au rebut avant 30 ou 40 ans, il est important de s'y préparer dès aujourd'hui.

7) Un nouveau système de gestion de trafic aérien

La technologie utilisée pour la gestion du trafic aérien date des années 1970. Le renouvellement de cette technologie est primordial, notamment à cause de l’augmentation du trafic aérien. De nouvelles méthodes de gestion de trafic sont en développement aux États-Unis et en Europe avec la mise en place de NextGen aux États-Unis et de Ciel Unique Européen pour l'Europe.
Le ciel unique européen est un ensemble de mesures qui visent à répondre aux futurs besoins de capacité et de sécurité au niveau aérien. Les mesures portent sur la réglementation, l'économie, la sécurité, l'environnement, la technologie et les institutions aussi bien dans le domaine civil que militaire. La meilleure gestion du trafic aérien, permettant une optimisation des trajectoires et une diminution des temps de vol, engendre la diminution de la consommation de carburant et des rejets dans l’atmosphère.
Pour maximiser les effets bénéfiques sur l’environnement, l’Union Européenne et la FAA (Federal Aviation Administration) ont collaboré et créé AIRE (Atlantic Interoperability Initiative to Reduce Emissions). AIRE propose plusieurs mesures comme la planification précise des mouvements sur le tarmac pour réduire le nombre d’arrêts et de démarrages. Les avions devront être remorqués dans une aire de stationnement au lieu d’aller faire la queue au seuil de piste, réacteurs allumés. Une autre mesure consiste en l’amélioration des trajectoires au-dessus de l’Atlantique (navigation par satellite pour mieux positionner l’appareil en vol, utilisation de routes plus précises, plus courtes aux profils de montée et de descente plus performants.

8) L'engagement principal des compagnies aériennes

Pour limiter les impacts néfastes de l’aviation, certaines compagnies, comme Air France, ont décidé de renouveler leur flotte par l’acquisition de nouveaux avions, moins pollueurs et moins bruyants.

9) Les quotas de CO2 appliqués au transport aérien

L’Union Européenne veut attribuer des quotas d’émissions de gaz à effet de serre à toutes les compagnies aérienne, qu’elles soient issues ou non d’un pays membre. Le principe en est le suivant. Chaque compagnie se verrait attribuer des droits d’émission en fonction de l’historique du trafic des transporteurs. Si la compagnie parvient à maintenir ses émissions inférieures au quota, elle pourra revendre le surplus au prix du marché. Si elle ne parvient pas à respecter le quota, elle peut choisir soit d’investir dans des technologies plus performantes, soit d’acheter les droits qui lui manquent sur le marché. Tous les vols dans les frontières de l’Union Européenne pourraient être concernés dès 2011.

Donnez vos impressions sur cette page

Copyright © 2008 - www.floriansports.info - Plan du site - Tous droits réservés