La Première Guerre mondiale vit l’essor prodigieux de la
production d’avions, de ballons stationnaires et de dirigeables
à des fins militaires. La France disposait de 162 avions en 1914
et de 11 836 en 1918 (les autres pays connurent une évolution comparable).
Ils répondaient à un double usage : l’observation
et le bombardement. Les belligérants firent un usage extensif du
ballon captif pour observer les fronts stationnaires, les dirigeables
servirent à la reconnaissance en mer, tandis que les avions furent
utilisés pour les reconnaissances côtières. En liaison
avec les opérations militaires terrestres, l’aviation servit
à observer les dispositifs de défense des adversaires ou
pour bombarder les lignes ou les troupes ennemies en action. Les avions
et les dirigeables effectuèrent également de nombreux raids
sur les villes et les usines situées loin derrière les lignes
ennemies.
Le premier raid aérien sur Paris eut lieu le 30 août 1914.
Au Royaume-Uni, il eut lieu à Douvres le 21 décembre 1914
et à Londres le 28 novembre 1916. En 1915 et 1916, les dirigeables
allemands, les zeppelins, effectuèrent 60 raids dans l’est
de la Grande-Bretagne et sur Londres.
Dès le milieu de 1915, les combats entre escadrilles aériennes devinrent fréquents. Les Allemands conservèrent la maîtrise des airs d’octobre 1915 à juillet 1916, puis la suprématie passa dans l’autre camp. Avec l’entrée en guerre des États-Unis, la supériorité alliée devint écrasante. Au moment de l’armistice, les 45 escadrilles américaines présentes sur le front comprenaient presque 800 avions et 1 200 officiers. L’histoire a retenu le nom des pilotes les plus célèbres, des « as de guerre » dont les exploits faisaient la une des journaux, tels le Français Georges Guynemer, le Britannique Mannock, l’Américain Eddie Rickenbacker, le Canadien William Avery Bishop et le baron allemand Manfred von Richthoffen.
2) Bilan humain
La Première Guerre mondiale commença le 28 juillet 1914 et prit fin le 11 novembre 1918, après plus de quatre années de combats, alors que tous les belligérants avaient imaginé une guerre courte. Son coût total a été estimé à 2 500 milliards de francs-or. Le nombre des victimes s’éleva à plus de 8 millions de militaires et plus de 13 millions de civils. Avec 1,8 million de morts, l’Allemagne paya le plus lourd tribut, juste devant la Russie (1,7 million) et la France (1,4 million). Les pertes furent particulièrement sévères dans ce pays qui supporta sur son sol les plus violents combats (7 p. 100 du territoire ravagé). Dans tout le nord-est de la France, les infrastructures urbaines, industrielles et agricoles furent totalement détruites. La mort d’un quart des Français âgés de dix-huit à vingt-sept ans eut des conséquences démographiques à long terme.
3) Bilan géostratégique
La Première Guerre mondiale marqua la fin du cycle pluriséculaire
de la domination européenne sur le monde. Ruinées par le
conflit, les vieilles nations européennes virent émerger
les États-Unis comme première puissance économique
mondiale. Malgré l’espoir d’une paix définitive
qu’avaient fait naître les traités, la Première
Guerre mondiale portait en elle le germe d’un conflit encore plus
dévastateur. Les puissances européennes victorieuses cherchèrent
à obtenir des Empires centraux des réparations d’un
montant égal au coût total de la guerre et se distribuèrent
les territoires et les possessions des vaincus, en vertu d’accords
secrets conclus avant l’entrée en guerre des États-Unis.
Au cours des négociations de paix, le président Wilson tenta
d’abord d’obtenir l’acceptation de la totalité
de son programme en quatorze points, mais finalement afin d’obtenir
l’appui des Alliés à la création de la Société
des Nations, il n’insista plus sur certains points.
Les traités de paix signés à Versailles, Saint-Germain,
Trianon, Neuilly et Sèvres, dans l’ensemble, furent en fait
de véritables diktats imposés par les puissances victorieuses.
Ils provoquèrent de profonds ressentiments et des troubles sociaux
parmi les vaincus, et même chez certains vainqueurs dont les revendications
ne furent pas entièrement satisfaites, comme l’Italie. La
volonté de révision des traités de la part de ces
pays provoqua, à terme, la résurgence d’un militarisme
et d’un nationalisme agressif.
Donnez vos impressions sur cette page - Lire le commentaire de cette page