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L’année 1917 fut marquée par une profonde crise morale dans la plupart des pays d’Europe, épuisés par trois années de guerre. Côté alliés, la défection russe fut compensée par l’engagement américain.

1) Entrée en guerre des États-Unis

Sur les conseils de son état-major, convaincu qu’une rupture des approvisionnements de l’Entente permettrait d’obtenir la victoire, l’empereur d’Allemagne Guillaume II décréta la guerre sous-marine à outrance à partir du 1er février 1917. Le 3 février, les États-Unis, qui avaient déjà fait part de leur vive opposition à cette option qui, selon eux, violait les droits des pays neutres, rompirent leurs relations diplomatiques avec l’Allemagne. À la demande de Wilson, le Pérou, la Bolivie et le Brésil en firent autant. Le 6 avril, les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne.

Les experts allemands avaient prévu un tel risque, mais estimaient que la guerre sous-marine à outrance entraînerait une défaite du Royaume-Uni dans les six mois, avant que l’engagement américain ne devienne opérationnel.

Les États-Unis envoyèrent leur premier contingent en France en juin, deux mois après leur entrée dans le conflit. Le corps expéditionnaire américain, commandé par le général John J. Pershing allait compter jusqu’à 2 millions d’hommes en novembre 1918, mais son rôle sur le champ de bataille ne devint important qu’à partir du printemps 1918.

2) Guerre sous-marine à outrance

La guerre sous-marine à outrance, qui devait contraindre le Royaume-Uni à capituler en quelques mois, se révéla un échec. D’août 1914 à janvier 1917, les destructions de navires avaient été de 3,8 millions de tonnes et, pour la seule année 1917 atteignirent 5,7 millions de tonnes, avec un pic à 680 000 tonnes en avril. Mais la Grande-Bretagne adopta un système de convoyage des navires marchands par un écran de vaisseaux de guerre (destroyers et chasseurs de sous-marins), utilisa des hydravions pour détecter les submersibles et eut recours à des grenades sous-marines. Au cours de l’été, l’efficacité des attaques diminua et la flotte sous-marine allemande subit de sérieuses pertes. Au début de l’année 1918, grâce aux États-Unis, les constructions de nouveaux navires dépassèrent le tonnage des destructions. La stratégie allemande avait échoué.

3) Batailles d'Artois et d'Ypres

Au début de 1917, l’attitude défensive des Allemands, qui raccourcirent leurs lignes en février pour économiser leurs troupes et qui s’étaient repliés sur la ligne Hindenburg, convainquit Nivelle d’engager une offensive massive pour rompre les lignes allemandes sur le front occidental.

La bataille d’Artois, opérée par les Britanniques afin de faciliter l’offensive de Nivelle, se déroula près d’Arras entre le 9 avril et le 21 mai. Les 9 et 10 avril, les troupes canadiennes s’emparèrent héroïquement de la crête de Vimy, solidement fortifiée et farouchement défendue, alors que les forces britanniques avançaient de 6 km, ce qui constituait un succès très éphémère. En revanche, l'attaque du Chemin des Dames organisée par Nivelle, le 16 avril, fut un désastre : les pertes s'élevèrent à 147 000 hommes, dont 40 000 tués et plus de 100 000 blessés, en moins de deux semaines. Elle provoqua une crise morale profonde dans le pays et dans l’armée, qui fut agitée par des mutineries. Le général Nivelle, responsable de cette attaque imprudente, fut remplacé le 15 mai par le général Pétain, qui avait prévu l’échec de l’offensive. La politique du nouveau commandant fut de rester sur la défensive en attendant l’arrivée des troupes américaines. Il se contenta de lancer quelques offensives limitées et soigneusement préparées, couronnées de succès à Verdun (août) et à La Malmaison (octobre).

Impatients de remporter une victoire qui leur fut propre, les Britanniques, commandés par Douglas Haig, tentèrent une percée dans les Flandres sur le flanc droit des positions allemandes. Une première bataille à Messines prépara les attaques principales (31 juillet-10 novembre) à Ypres, appelées la troisième bataille d’Ypres ou campagne de Passchendale. Les combats acharnés firent environ 250 000 victimes de part et d’autre mais ne permirent pas de percer le front.

Au cours de la bataille de Cambrai, du 20 novembre au 3 décembre, les Britanniques lancèrent un raid de près de 400 chars d’assaut, sans précédent dans l’histoire militaire. Ils avancèrent de 8 km à l’intérieur des lignes allemandes, mais, faute de renforts, durent abandonner presque tout le terrain gagné lors de la contre-attaque ennemie.

4) Crises morales

Au printemps de 1917, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne furent secoués par de profondes crises sociales. L’épuisement des esprits après trois années de guerre, les restrictions de l’hiver et la hausse des prix des denrées provoquèrent de nombreuses grèves, qui n’épargnèrent pas l’industrie de l’armement. En Allemagne, l’état-major dut militariser les usines pour mettre fin à l’agitation entretenue par les révolutionnaires spartakistes. Une mutinerie de la flotte allemande, à Kiel, et des scènes de fraternisation entre soldats allemands et russes, provoquèrent une vive inquiétude au sein de l’état-major.

En France, la défaite sanglante du Chemin des Dames provoqua des rébellions au sein de l’armée au début du mois de mai. Jusqu’au 10 juin, on recensa 230 mutineries (refus de monter au front, d’obéir). La répression fut sévère (décimation), mais relativement limitée (42 exécutions officielles). Nivelle limogé, Pétain s’efforça de calmer les esprits et d’améliorer la condition des soldats (permissions, ravitaillement, etc.). Dans le pays, l’importance du nombre des victimes et la stagnation des opérations entretenaient le sentiment de l’inutilité des efforts consentis. Au mois de novembre, le président Poincaré nomma Clemenceau à la tête du gouvernement qui entreprit de lutter contre le « défaitisme » et de restaurer la confiance.

En Russie, le mécontentement général, beaucoup plus profond, allait provoquer une révolution.

5) Repli russe

Sur le front oriental, la révolte du peuple russe contre le gouvernement impérial bouleversa les données au cours de l’année 1917. En mars, un gouvernement provisoire fut mis en place et le tsar Nicolas II fut contraint d’abdiquer. Le nouveau pouvoir poursuivit la guerre et, en juillet, le général Broussilov lança une attaque en Galicie et en Bucovine. Mais les territoires conquis furent rapidement repris par les forces austro-allemandes.

Le 3 septembre, les Allemands s’emparèrent de Riga, défendue par le général Lavr Gueorguievitch Kornilov, et en octobre ils envahirent la plus grande partie de la Lettonie, ainsi qu’un grand nombre d’îles russes en mer Baltique. Le 7 novembre (selon le calendrier grégorien ; voir Révolution russe), le parti bolchevique, dont l’une des principales revendications était l’arrêt de la guerre, prit le pouvoir. À peine en poste, il signa l’armistice avec l’Allemagne, le 15 décembre, puis conclut la paix par le traité de Brest-Litovsk (3 mars 1918), qui fit perdre d’immenses territoires à la Russie. Libérés de toute menace sur leur front est, les Empires centraux rapatrièrent 700 000 soldats à l’ouest.

6) Tentatives de paix

En 1917, la tentation de la paix gagna d’autres pays. En Autriche-Hongrie, où la situation intérieure était critique, le nouvel empereur Charles Ier fut approché par l’Entente, par l’intermédiaire de son beau-frère Sixte de Bourbon-Parme. Les pourparlers secrets échouèrent et leur révélation provoqua la colère des Allemands. Pour relancer la dynamique de l’alliance, l’empereur Guillaume II apporta son soutien à Vienne lors de l’offensive en Italie, en octobre.

En juin, le pape Benoît XV chargea le cardinal Pacelli, nonce à Munich, de tenter une médiation. Son plan de paix, plutôt favorable à l’Allemagne, fut rendu public le 14 août, mais les deux camps le rejetèrent.

7) Revers italiens

Pendant les huit premiers mois de l’année, malgré les défaillances de l’artillerie et du soutien logistique, les forces italiennes commandées par le général Luigi Cadorna continuèrent d’essayer de percer les lignes autrichiennes sur l’Isonzo. En mai, elles progressèrent vers Trieste et le plateau de Bainsizza, mais ne purent atteindre leur objectif.

En octobre, les forces austro-allemandes lancèrent une violente contre-offensive avec neuf divisions autrichiennes et six divisions allemandes fraîchement arrivées. Elles parvinrent à percer les lignes italiennes en déroute qui abandonnèrent l’Isonzo et se replièrent sur des positions le long de la Piave. Au cours de la désastreuse bataille de Caporetto, 300 000 soldats italiens furent capturés et environ autant désertèrent. En novembre, des troupes françaises et britanniques vinrent prêter main forte aux Italiens et le général Armando Diaz remplaça le général Cadorna à la tête de l’armée.

8) Entrée en guerre de la Grèce

Sur le front des Balkans, après avoir engagé plusieurs offensives indécises à Monastir, sur le lac Prespa et sur le fleuve Vardar, les Alliés entreprirent d’évincer le roi grec Constantin Ier en raison de son soutien aux Empires centraux. En juin 1917, les Alliés envahirent la Grèce et lancèrent un ultimatum au roi, qui fut contraint d’abdiquer en faveur de son fils Alexandre Ier. Le 27 juin, le Premier ministre Éleuthérios Venizélos déclara la guerre aux Empires centraux.

9) Proche-Orient

En mars et en avril 1917, les Britanniques tentèrent par deux fois de s’emparer de la Palestine, mais furent stoppés à Gaza. Sous les ordres d’un nouveau chef, le général Edmund Allenby, ils prirent leur revanche en perçant les lignes turques à Beersheba, le 31 octobre, et s’emparèrent de Jérusalem le 9 décembre.

En juin, les troupes arabes commandées par Lawrence d’Arabie prirent le port d’Aqaba, aux mains des turcs, et menèrent des attaques incessantes tout au long de l’année contre la ligne ferroviaire Damas-Médine, dans le Hedjaz. L’année 1917 fut également marquée par les victoires britanniques en Mésopotamie. Ils prirent Bagdad en mars et, en septembre, avancèrent jusqu’à Ramadi, sur l’Euphrate, et Tikrit, sur le Tigre.


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