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I) Les opérations militaires

1) 1914 : la guerre de mouvement

Les opérations militaires commencèrent en Europe sur trois fronts principaux : le front de l’Ouest ou front franco-belge, le front de l’Est ou front russe et le front du sud ou front serbe. Elles s’exercèrent également sur mer et dans les colonies.

2) Front de l'Ouest

La stratégie allemande initiale prévoyait de mener une guerre éclair (Blitz Krieg) sur le front de l’Ouest, en France, tandis qu’une petite partie de l’armée allemande et la totalité de l’armée austro-hongroise garderaient le front de l’Est, qui n’était pas menacé immédiatement par une Russie lente à mobiliser. La défaite de la France devait être acquise grâce au plan Schlieffen (du nom du chef d’état-major allemand de 1891 à 1907) en six semaines. De puissantes armées devaient pénétrer en Belgique (violant sa neutralité) pour prendre les Français à revers dans un mouvement rapide, puis faire volte-face pour les encercler et les anéantir. Une fois la victoire acquise, les armées allemandes devaient se concentrer sur la Russie et l’écraser. Mis en œuvre en automne 1914 par le chef d’état-major Helmuth von Moltke après quelques modifications, le plan Schlieffen sembla tout d’abord fonctionner comme prévu.

3) Bataille des frontières

L’incursion éclair en Belgique au début du mois d’août ne rencontra guère d’obstacles. L’armée belge abandonna les places fortes de Liège et de Namur et fit retraite dans la forteresse d’Anvers (15 août). Les Allemands poursuivirent leur avancée et battirent les Français lors de la bataille des Ardennes (22 août) et de Charleroi (21-23 août), puis une armée britannique à Mons (23 août). Sur toute la ligne de front belge et luxembourgeoise, les Alliés reculaient. Simultanément, les Allemands reprirent la Lorraine envahie par les Français.

Les Britanniques, dirigés par le commandant French, et les Français se replièrent précipitamment, mais en ordre, sur la Marne. Ils furent pourchassés par trois armées allemandes qui parvinrent à franchir la rivière, mais ne purent isoler l’aile gauche franco-britannique. L’attaque de la capitale, défendue par le général Gallieni, sembla imminente, aussi le gouvernement se transféra à Bordeaux.

Mais, Paris n’était pas le but des Allemands, aussi pivotèrent-ils, toujours conformément au plan Schlieffen, en direction du Sud-Est pour encercler les armées françaises. Le général Joffre, commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est, averti des mouvements allemands, lança le 6 septembre une contre-offensive générale sur le flanc droit de l’armée allemande commandée par Alexander von Kluck.

Au cours de la première bataille de la Marne, du 6 au 13 septembre 1914, Joffre, aidé de Gallieni, bloqua la progression de l’armée de von Kluck, qui avait distancé les deux autres armées allemandes et ne pouvait espérer leur soutien. En outre, le haut commandement allemand était affaibli par des divisions et les erreurs de Helmuth von Moltke. Croyant la victoire acquise à l’ouest, il avait prélevé six corps d’armées le 25 août pour parer à une attaque russe sur le front oriental. Soutenus sur leur gauche par les Britanniques, les Français attaquèrent le flanc droit des Allemands et forcèrent l’armée de von Kluck à battre en retraite. L’ensemble des forces allemandes se replia sur l’Aisne puis se fixa le long des Ardennes et de l’Argonne. En raison de l’échec du plan allemand et de la victoire française, Erich von Falkenhayn prit la tête de l’état-major allemand, le 14 septembre, en remplacement de von Moltke.

Les Français, épuisés, engagèrent une série de batailles dans l’Aisne, la Somme et en Artois, sans parvenir à déloger les Allemands. Ceux-ci réussirent à étendre leurs lignes vers l’est jusqu’à la Meuse, au nord de Verdun.

4) Course à la mer

Au nord-ouest du front, la course à la mer s’engagea alors des deux côtés, visant à déborder l’ennemi pour le contrôle des ports de Dunkerque et de Calais, lieux de débarquement des renforts britanniques. Les Allemands ne purent atteindre les ports français de la Manche, grâce aux inondations provoquées par les Belges dans la région de l’Yser. Les Britanniques avancèrent jusqu’à Ypres, à l’extrémité sud-ouest de la Belgique. Après avoir pris Anvers le 10 octobre, les Allemands tentèrent une percée lors de la sanglante bataille des Flandres, en novembre, mais ils se heurtèrent à la résistance des troupes alliées commandées par Joffre. En décembre, celles-ci contre-attaquèrent sur toute la longueur du front, de Nieuport, à l’ouest, à Verdun à l’est, mais n’emportèrent pas de victoire décisive. La « mêlée des Flandres » marqua la fin de la guerre de mouvement et des combats à découvert sur le front occidental, qui se stabilisa sur près de 800 km, de la Suisse à la mer du Nord. À la fin de 1914, les deux camps établirent des tranchées, faute de vainqueur : la guerre qui devait être courte menaçait d’être longue. Le front, en effet, ne devait pratiquement pas bouger pendant les trois années suivantes, chaque camp assiégeant et pilonnant les tranchées adverses et tentant par des offensives de les investir et de les franchir.

5) Front de l'Est


Sur le front oriental, conformément aux plans des Alliés, le tsar lança l’offensive dès le quinzième jour de la guerre, plus tôt que prévu par les Allemands. En août, deux armées russes entrèrent en Prusse-Orientale et quatre autres envahirent la province autrichienne de Galicie. Ils remportèrent une victoire à Gumbinnen (19-20 août) sur des forces allemandes inférieures en nombre, qui étaient sur le point d’évacuer la région lorsque des renforts commandés par le général Paul von Hindenburg remportèrent sur les Russes une victoire décisive à Tannenberg (27-30 août 1914), confirmée lors de la bataille des lacs Mazures (Prusse-Orientale), le 15 septembre, ce qui contraignit les Russes à se replier vers leur frontière.

Face aux troupes autrichiennes mal équipées, les quatre armées russes progressèrent régulièrement et envahirent la Galicie après les victoires de Lemberg, en août et septembre. Elles s’emparèrent de Lvov (3 septembre) et de la Bucovine et repoussèrent l’ennemi dans les Carpates, où le front se stabilisa en novembre.

Les Autrichiens entreprirent à trois reprises d’envahir la Serbie, mais ils furent repoussés et subirent une défaite à Cer, le 24 août. Les Serbes, qui avaient repris le 13 décembre Belgrade, occupée depuis le 6 novembre, après la bataille de Rudnik, ne tentèrent aucune invasion en Autriche-Hongrie.

6) Front turc

L’Empire ottoman entra dans la guerre le 29 octobre 1914, en bombardant, grâce à deux cuirassés cédés par l’Allemagne le 12 août, le port d’Odessa et les côtes méridionales de la Crimée en mer Noire. La Russie déclara la guerre à la Turquie le 2 novembre ; le Royaume-Uni et la France firent de même le 5. En décembre, les Turcs commencèrent à envahir la région russe du Caucase.

7) Guerre en mer


Les Alliés, forts de la puissance maritime britannique, contrôlèrent les mers et imposèrent un blocus aux Empires centraux. La marine britannique était constituée de deux flottes. La plus importante, basée à Scapa Flow dans les îles Orcades, au nord de l’Écosse, s’appelait la Grand Fleet (« Grande Flotte »). Elle comprenait 20 cuirassés et de nombreux croiseurs et destroyers. La seconde flotte comprenant des vaisseaux plus vieux gardait la Manche. La flotte du Kaiser, qui comptait quant à elle 13 cuirassés, était basée dans les ports allemands de la mer du Nord. Les Britanniques attaquèrent la base navale allemande de l’île d’Helgoland, coulant trois vaisseaux ennemis. Les sous-marins allemands détruisirent plusieurs unités britanniques, dont le supercuirassé Audacious (octobre). Par une attaque audacieuse de sous-marins, à Scapa Flow, ils contraignirent les unités de la marine britannique à se retirer vers des bases de la côte ouest écossaise.

Au cours de l’année 1914, il n’y eut aucune bataille majeure dans l’Atlantique Nord. Dans le Pacifique sud, en revanche, l’escadre de croiseurs de l’amiral Maximilian von Spee endommagea considérablement les installations françaises de Tahiti et celles de l’île Fanning, sous domination britannique (septembre et octobre 1914). Le 1er novembre, elle remporta contre l’escadre britannique de l’amiral Cradock la bataille de Coronel, au large du Chili. Mais le 8 décembre suivant, Spee perdit quatre de ses cinq vaisseaux dans la bataille des îles Falkland, face à l’escadre britannique de sir Frederick Sturdee. L’escadre allemande du Pacifique était réduite à néant.

II) 1915 : L'enlisement du conflit

Sur le front de l’Ouest, l’année 1915 fut marquée par l’enlisement du conflit dans la guerre des tranchées et par une forte poussée allemande sur le front russe. Des combats opposèrent la Turquie au Royaume-Uni dans le détroit des Dardanelles pour désenclaver la Russie et de nouveaux fronts s’ouvrirent avec l’entrée en guerre de l’Italie et de la Bulgarie.

1) Front de l'Ouest

Au cours de l’année 1915, les tranchées furent aménagées en système de défense inexpugnable. Elles furent, au fur et à mesure, organisées en lignes successives, entrecoupées de fil de fer barbelé et de champs de mines. Les soldats de première ligne, soumis aux bombardements et vivant dans des conditions d’hygiène déplorables, subirent une pression continuelle. Mais le front n’apparaissait pas encore totalement figé : chaque camp espérait rompre le front adverse. Les Alliés menèrent plusieurs offensives pour rompre la défense allemande et libérer les territoires occupés.

En janvier et février, les Français tentèrent en vain une percée en Champagne. En mars, les Britanniques attaquèrent victorieusement Neuve-Chapelle (Artois) mais ne purent prendre que la ligne avancée des Allemands. En avril et mai, ces derniers lancèrent une offensive dans les Flandres, à Ypres, et employèrent des nuages de chlore gazeux, première apparition à grande échelle de la guerre chimique.

En mai et juin, une attaque franco-britannique en Artois, entre Neuve-Chapelle et Arras, permit aux troupes de progresser de 4 km à l’intérieur du système de défense allemand. Les Britanniques à Lens et les Français sur la crête surplombant Vimy tentèrent deux attaques simultanées. La percée ne fut pas décisive (voir Artois, batailles d’).

En septembre, les Français lancèrent une grande offensive sur un front d’environ 25 km entre Reims et la forêt d’Argonne. Ils s’emparèrent de la première ligne de tranchées allemandes, mais furent arrêtés par la seconde. Dans l’ensemble, les lignes établies à l’ouest en fin d’année 1914 restèrent pratiquement inchangées en 1915.

Les combats de 1915 se soldèrent par de très lourdes pertes (1,4 million tués, blessés ou prisonniers), surtout pour l’artillerie française, mais ne permirent pas de gains significatifs. Ils permirent toutefois de soulager la Russie en difficulté.

2) Front de l'Est

Cette année-là, les Allemands, tirant les conclusions de l’échec du plan Schlieffen, changèrent de stratégie et, profitant de la stabilisation du front de l’Ouest, concentrèrent leurs efforts sur le front oriental dans l’espoir de pousser les Russes à une paix séparée, pour se retourner ensuite contre les Français et les Britanniques. Au cours de la seconde bataille des lacs Mazures, en février 1915, les troupes du tsar abandonnèrent la Prusse-Orientale et laissèrent plus de 100 000 prisonniers. En avril, les Russes, qui menaçaient la Hongrie, furent repoussés par l’armée autrichienne et chassés des Carpates.

En mai, les Allemands lancèrent avec le soutien des Autrichiens une vaste offensive en Galicie et remportèrent à Gorlice une victoire qui contraignit les Russes à abandonner la Galicie et la Bucovine, puis la Pologne, la Lituanie et la Courlande ainsi que toutes leurs places fortes frontalières.

En septembre, après la perte de Brest-Litovsk (25 août) et de Vilna (18 septembre), les Russes stabilisèrent le front le long d’une ligne nord-sud, de Riga à la frontière roumaine, entrant eux aussi dans la période des guerres de tranchées.

Près de la moitié des armées du tsar étaient hors de combat (900 000 prisonniers et 700 000 blessés), mais les Allemands n’étaient pas parvenus à les forcer à conclure une paix séparée. Néanmoins, le front de l’Est fut stabilisé de Riga à Czernowitz et la Russie ne joua plus de rôle décisif jusqu’à son désengagement de la guerre en 1917.

3) Front italien

L’Italie, qui avait été membre de la Triple-Alliance et qui se prononça pour la neutralité au début du conflit, mena des discussions avec les belligérants afin d’obtenir des garanties sur ses prétentions territoriales quant aux terres irrédentes, dans la région de Trentin et d’Istrie (voir Irrédentisme). Elle obtint ces garanties (accords de Londres en avril 1915) et entra en guerre contre l’Empire austro-hongrois le 23 mai 1915. Au cours de l’année 1915, la guerre des tranchées est marquée par quatre batailles indécises, opposant les deux armées sur le fleuve Isonzo (29 juin-7 juillet, 18 juillet-10 août, 18 octobre-3 novembre et 10 novembre-10 décembre).

4) Guerre dans les Balkans

Au début de 1915, l’avancée turque dans le Caucase russe incita le tsar à demander le soutien du Royaume-Uni. Les détroits contrôlés par Istanbul constituaient, en outre, un objectif stratégique majeur, car ils fermaient l’accès de la Russie à la Méditerranée et leur prise permettrait de rompre son isolement.

À l’instigation de Churchill, premier lord de l’Amirauté, le Royaume-Uni décida d’organiser une expédition contre la Sublime Porte. En février 1915, une flotte commandée par le général Ian Hamilton bombarda les forts turcs des Dardanelles, mais perdit un tiers de ses navires devant Canakkale, le 18 mars. Les Alliés effectuèrent deux débarquements sur la presqu’île de Gallipoli, en avril (troupes françaises, britanniques et australiennes) puis en août, après l’arrivée de plusieurs divisions britanniques supplémentaires. La résistance farouche des Turcs commandés par Mustafa Kemal Pacha et soutenus par les Allemands et la stratégie médiocre du commandement allié firent de l’expédition des Dardanelles un désastre (145 000 morts). Les troupes alliées se retirèrent de novembre 1915 à février 1916. Dans le Caucase, en revanche, les Russes reprirent aux Turcs la plupart des territoires perdus. Pour apporter leur soutien à Belgrade, les troupes françaises et britanniques rapatriées des Dardanelles formèrent une tête de pont à Salonique (5 octobre), malgré l’opposition du roi Constantin Ier qui défendait la neutralité de la Grèce. Les forces austro-allemandes du général August von Mackensen envahirent la Serbie le 6 octobre avec l’aide de la Bulgarie qui déclara la guerre à la Serbie le 14 octobre. Les Serbes subirent une déroute et, le 23 novembre, effectuèrent une difficile retraite à travers le Monténégro et l’Albanie. Ils trouvèrent refuge dans l’île grecque de Corfou, occupée par les Alliés en janvier 1916. Les troupes françaises et britanniques de Serbie se retirèrent à Salonique, où elles raffermirent leurs positions.

Contre la Turquie, les Britanniques avaient ouvert un front en Mésopotamie dès novembre 1914. Les forces britanniques de l’Inde battirent les Turcs à plusieurs reprises. Mais au cours de la bataille de Ctésiphon, au sud-est de Bagdad, le 24 novembre 1915, les armées ottomanes réussirent à contenir la progression, vers Bagdad, des Britanniques qui durent se replier sur Kut al-Amara. À Suez, en revanche, ceux-ci parvinrent à repousser la menace turque.

5) Guerre maritime

En septembre 1914, les alliés avaient proclamé le blocus naval à l’encontre de l’Allemagne, mais celle-ci continua au début à se ravitailler par les ports neutres de Rotterdam, Bergen et Copenhague.

À partir de février 1915, le Reich entreprit une guerre sous-marine à outrance à l’encontre des Alliés, et ceux-ci répliquèrent par un blocus total de l’Allemagne, qui mécontenta les pays neutres. Le 7 mai, le torpillage du transatlantique britannique Lusitania (armé de 12 canons de 6 pouces) fit 1 198 morts, dont 128 Américains. La protestation officielle des États-Unis obligea l’Allemagne à ajourner cette tactique de guerre.

6) Guerre dans les colonies

 

A) Afrique

Une force britannique prit possession du Togo en août 1914. En septembre, le Cameroun fut envahi par les Britanniques venus du Nigeria et par les troupes françaises de l’Afrique-Équatoriale française. Les Allemands ne cesseront les combats qu’en février 1916.

Le Sud-Ouest africain allemand (actuelle Namibie) fut conquis entre septembre 1914 et juillet 1915 par les troupes de l’Afrique du Sud.

La plus importante possession germanique, l’Afrique-Orientale allemande (actuelle Tanzanie), vit cependant les assauts, des troupes britanniques et indiennes, repoussés en novembre 1914 par le général Paul von Lettow-Vorbeck, et la lutte continuera jusqu’à l’armistice.

 

B) Extrême-Orient

Dans le Pacifique, la partie allemande des Samoa fut envahie par les Néo-Zélandais en août 1914 et, le mois suivant, les Australiens occupèrent l’archipel Bismarck et la Nouvelle-Guinée, possessions allemandes.

Entre août et novembre 1914, les Japonais s’emparèrent des îles Marshall, des îles Mariannes, des îles Palaos et des îles Carolines sous domination allemande. En novembre 1914, ils prirent la forteresse de Qingdao, un port allemand de la province de Shandong en Chine.

III) 1916 : L'impasse

Ayant repoussé les Russes hors de la Prusse-Orientale, de Galicie et de Pologne, les Allemands purent transférer quelque 500 000 soldats du front est vers le front ouest afin de réaliser une percée décisive. Mais là, comme ailleurs, avec des fortunes diverses, rien de décisif ne se produisit et les systèmes défensifs mis en place se maintinrent d’une façon générale.

1) Verdun et la Somme

Le plan allemand, mis au point par Erich von Falkenhayn, chef d’état-major de l’armée allemande, prévoyait de jeter d’énormes forces sur le camp retranché de Verdun, point saillant de la défense française, dans le but d’épuiser l’ennemi. Le maréchal Joffre et son homologue britannique Douglas Haig prévoyaient de leur côté de lancer en été une série d’offensives dans la Somme.


Le 21 février, les Allemands noyèrent Verdun sous un déluge d’artillerie. Ils gardèrent l’initiative pendant quatre mois, parvenant à prendre, au prix de luttes acharnées, les forts de Douaumont (25 février) et de Vaux (2 juin) et les fortifications de Thiaumont (23 juin). Mais la défense française s’organisa sous le commandement du général Philippe Pétain, puis du général Georges Robert Nivelle. Elle repoussa une attaque générale du 9 au 10 avril, et le 24 juin à Souville. En août, Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff remplacèrent Falkenhayn au poste de chef d’état-major. Mais le sort de la bataille était joué. D’octobre à décembre, le général Charles Mangin désenclava la ville en reprenant les forts de Douaumont (24 octobre) et de Vaux (2 novembre). La durée de la bataille et l’étendue des pertes (360 000 Français et 330 000 Allemands) devaient marquer durablement les esprits et Verdun devint un symbole de la résistance française (voir Verdun, bataille de).

La bataille de la Somme, qui débuta le 1er juillet sous la direction du général Ferdinand Foch et se prolongea jusqu’à la mi-novembre, fut menée essentiellement par les forces britanniques car les Français, épuisés par les combats de Verdun, ne purent engager que 16 divisions au lieu des 40 prévues. L’offensive permit de gagner 325 km2 de territoire, mais la tentative de percée échoua. Bataille de matériel alors que Verdun était un combat presque au corps à corps, elle vit l’utilisation, pour la première fois, des tanks que les Britanniques déployèrent le 15 septembre près de Courcelette. En décembre, le général Nivelle succéda à Joffre à la tête des armées françaises du Nord et du Nord-Est.

2) Sursaut russe

Sur le front oriental, en 1916, les Russes conduisirent une offensive dans la région du lac Narocz à environ 95 km au nord-est de Vilna (aujourd’hui Vilnius). Cette attaque, qui visait à soulager les Alliés à Verdun, fut un échec total. Non seulement elle ne put aucunement détourner les Allemands du front de Verdun, mais en outre les Russes perdirent plus de 100 000 hommes.

Répondant à l’appel des Italiens qui demandaient une action les dégageant de la pression autrichienne dans le Trentin-Haut-Adige (voir plus loin), les Russes lancèrent une autre offensive plus heureuse en Bucovine et en Galicie. De juin à août, le général Aleksis Akseïevitch Broussilov attaqua les Autrichiens sur un front s’étendant de Pinsk à Tchernivtsi, au sud. Quand les renforts allemands arrivèrent du front occidental, les Russes avaient progressé de 65 km et fait environ 500 000 prisonniers. Toutefois, ils ne purent s’emparer d’aucun de leurs deux objectifs : les villes de Kovel et de Lemberg. En outre, les très lourdes pertes subies (près d’un million de soldats) contribuèrent largement au découragement de l’armée.

3) Italie et les Balkans

Sur le front italien, l’année 1916 vit une nouvelle bataille indécise sur l’Isonzo, la cinquième dans cette région. Les Autrichiens lancèrent également une offensive dans le Trentin, en mai, destinée à percer les lignes ennemies pour prendre à revers ses positions sur l’Isonzo. Ils s’emparèrent d’une grande partie du Trentin, mais ne parvinrent pas à enfoncer les lignes italiennes. Lors de la contre-attaque de juin-juillet, ceux-ci reprirent la plus grande partie des terres qu’ils avaient perdues. D’août à novembre, l’Isonzo connut quatre nouvelles batailles indécises. La prise de Gorizia par les Italiens, le 9 août, fut la victoire la plus significative.

La manœuvre des Russes incita la Roumanie à entrer en guerre aux côtés des Alliés (27 août 1916). Ses troupes pénétrèrent dans la province austro-hongroise de Transylvanie (août-septembre), mais furent rapidement repoussées. En même temps que les troupes bulgares et turques, les armées austro-allemandes du général Falkenhayn envahirent la Roumanie (novembre-décembre). À la mi-janvier 1917, le pays était entièrement conquis, donnant aux puissances d’Europe centrale des réserves de blé et de pétrole appréciables.

En août 1916, l’armée serbe reconstituée à Corfou lança, aux côtés des Russes et des Italiens, une attaque contre les Bulgares et les Allemands sur le front de Salonique. Après quelques victoires, ils subirent une violente contre-attaque. Au début du mois d’octobre, une force franco-serbo-britannique entreprit la campagne de Macédoine pour soutenir la Roumanie menacée. Le 19 novembre, les troupes alliées s’emparèrent de Bitola et, en décembre, atteignirent le lac d’Ohrid, à la frontière de l’Albanie et de la Macédoine. En Grèce, les puissances alliées accusèrent le roi Constantin Ier de favoriser les puissances d’Europe centrale, en dépit de sa neutralité officielle. Le 29 septembre, Éleuthérios Venizélos, hostile au monarque, forma à Salonique un gouvernement provisoire et déclara la guerre à l’Allemagne et à la Bulgarie, le 3 novembre. Le roi Constantin Ier contrôlant toujours Athènes et une grande partie du pays, les Alliés imposèrent un blocus maritime pour le forcer à respecter sa neutralité. Le 19 décembre, le Royaume-Uni reconnut officiellement le gouvernement provisoire grec.

4) Fronts turcs

En 1916, l’Empire ottoman eut à combattre sur de nombreux fronts. De janvier à février, les Russes pénétrèrent en Arménie, à l’est de la Turquie, et s’emparèrent d’Erzurum le 16 février, puis de Trébizonde le 18 avril (voir Trabzon).

En Mésopotamie, les Britanniques évacuèrent Bagdad et capitulèrent devant les Turcs à Kut al-Amara le 29 avril 1916. Les troupes ottomanes portèrent à nouveau l’offensive sur Suez. En décembre suivant, les Britanniques contre-attaquèrent et s’emparèrent de la ville deux mois plus tard. En Arabie, Hussein ibn Ali, grand cheikh de La Mecque lança, en juin 1916, avec son fils Abd Allah ibn Hussein, la révolte du Hedjaz contre l’occupant turc. Conseillés par Thomas Edward Lawrence (Lawrence d’Arabie), les Britanniques le reconnurent roi du Hedjaz en décembre 1916 et lancèrent une attaque en Palestine depuis l’Égypte, pour soutenir la révolte arabe. Dans les premiers jours de janvier 1917, ils avaient pris plusieurs forts.

5) Batailles navales

Le blocus maritime fut de plus en plus durement ressenti par l’Allemagne, dont l’économie eut du mal à s’approvisionner, tandis que les Alliés continuaient à commercer avec les pays neutres, en particulier les États-Unis. En 1916, l’Allemagne tenta de rompre le blocus dans la mer du Nord. La bataille du Jutland (31 mai-1er juin 1916) entre les navires allemands et la Grande Flotte britannique fut l’affrontement naval le plus important de la guerre. Bien que les pertes du Royaume-Uni fussent plus importantes, la Grande Flotte remporta une victoire tactique car la flotte allemande ne se risqua plus à lui livrer bataille ; aussi les Britanniques gardèrent leur suprématie maritime. Les croiseurs allemands parvinrent cependant à briser le blocus et coulèrent un tonnage considérable de bateaux alliés dans l’Atlantique Nord.

6) Poids de la guerre et la propagande

Confrontés à une guerre totale sans précédent qui exigeait d’énormes efforts de la part des populations, les gouvernements d’Europe, qu’ils fussent autoritaires ou démocratiques, durent affermir leur autorité.

En Russie, où le mécontentement se développa à partir de 1916, le tsar Nicolas II prit la direction de la guerre, sans tenir compte de la lassitude du pays. En Allemagne, l’état-major dirigé par Hindenburg et Ludendorff s’imposa progressivement au pouvoir civil du gouvernement de Theobald von Bethmann-Hollweg. La tendance fut identique dans les démocraties, mais le pouvoir législatif conserva un droit de regard sur la conduite de la guerre. En France, tous les partis politiques participèrent à l’Union sacrée et le Parlement fut tenu de respecter le secret militaire ; mais après le remplacement de Joffre, à la fin de 1916, il retrouva un certain poids.

Conscients que le conflit allait durer, les gouvernements organisèrent dès la fin de 1914 une économie de guerre. Partout, l’organisation de la production et du ravitaillement devinrent des priorités nationales. Les États accrurent leurs interventions. Dans tous les secteurs industriels, on fit appel à la main-d’œuvre féminine pour remplacer les hommes partis au front. En France, le lancement d’emprunts et de bons de Défense nationale permit de financer l’armement mais eut des conséquences inflationnistes.

Outre la mobilisation de l’économie, celle des esprits apparut comme un facteur majeur de la victoire. Les gouvernements exploitèrent la fibre patriotique à grands renforts de propagande (slogans, affichage, compte rendus optimistes de l’état-major). La presse fut soumise à la censure et les journalistes invités à lutter contre le défaitisme.

Des courants pacifistes teintés d’esprit révolutionnaire, sur lequel Lénine exerçait une influence déterminante, apparurent cependant et organisèrent une première rencontre à Zimmerwald en 1915, puis à Kienthal en 1916. Leurs résolutions en faveur d’une paix immédiate n’eurent guère de répercussions sur le plan international mais trouvèrent un écho au sein des populations civiles confrontées à des conditions de vie de plus en plus difficiles. Pour la première fois depuis le début de la guerre, de nombreuses grèves éclatèrent.

7) Tentatives de négociation

En 1916, Thomas Woodrow Wilson, président des États-Unis, le plus puissant des pays neutres, tenta d’amener les belligérants à négocier pour obtenir, selon ses termes, une « paix sans victoire ». Grâce à la médiation de son conseiller Edward M. House, qui rencontra les principaux chefs d’États européens, ses efforts semblèrent sur le point d’aboutir.

En décembre, le gouvernement allemand informa les États-Unis qu’il était prêt à entamer des pourparlers de paix. Le Royaume-Uni rejeta la proposition car la situation militaire défavorable de l’Entente à cette époque (la Roumanie venait d’être envahie) lui faisait craindre des exigences inacceptables de la part des Empires centraux. Wilson poursuivit ses efforts de médiation jusqu’en janvier 1917, appelant les belligérants à préciser leurs « buts de guerre », c’est-à-dire leurs revendications. Il parvint finalement à arracher des offres de paix concrètes à chaque alliance, mais ne put les mettre d’accord.