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Les divers courants nationalistes présents en Europe avant le déclenchement des hostilités plongeaient leurs racines dans les tensions et les conflits du XIXe siècle. En outre, l’essor de l’empire d’Allemagne comme puissance économique et politique mondiale exacerba les rivalités entre les grandes nations du continent. La création et le maintien, après 1871, de grandes armées et de deux alliances militaires antagonistes menaçaient de faire basculer cette rivalité en conflit armé.

1) Le nationalisme

La Révolution française et les guerres napoléoniennes répandirent dans presque toute l’Europe le concept de démocratie politique, à savoir l’idée selon laquelle les peuples partageant les mêmes origines ethniques, la même langue et les mêmes idéaux politiques avaient le droit de former un État indépendant soit en se séparant d’un État dominant, soit en regroupant des populations soumises à des maîtres différents. Cette idée fut totalement ignorée par les monarchies autocratiques lors du congrès de Vienne, qui a redéfini la carte européenne en 1815. Plusieurs peuples qui aspiraient à l’unité et à l’autonomie restèrent assujettis à plusieurs petits souverains locaux ou furent annexés aux Empires. Ce fut le cas des Allemands, que le congrès de Vienne maintint divisés en une multitude de duchés, de principautés et de royaumes ; de l’Italie, également morcelée et dont certaines portions restaient gouvernées par des puissances étrangères ; des Belges flamands et francophones, que le congrès plaça sous le contrôle néerlandais. Au cours du XIXe siècle, certaines dispositions du congrès furent remises en cause par des révolutions et des mouvements nationalistes. La Belgique se détacha des Pays-Bas et devint indépendante en 1830. L’unification italienne fut réalisée en 1861 et l’unité allemande en 1871.

Toutefois, à la fin du siècle, dans d’autres régions d’Europe, en particulier les Balkans, les revendications nationalistes restèrent sans réponse et engendrèrent des tensions locales et internationales. Le panslavisme, « entretenu » par la Serbie, trouva un écho parmi certains peuples des Balkans qui souhaitaient se libérer de la domination ottomane. Les intérêts de l’Empire austro-hongrois où vivaient des populations slaves furent également directement menacés. Le panslavisme fut à l’origine de plusieurs conflits régionaux au début du XXe siècle.

Le nationalisme gagna également du terrain au sein des populations des grandes puissances européennes à la fin du XIXe siècle. Dans tous les pays, la propagande patriotique attisa l’idée d’un « ennemi héréditaire » aux frontières. En France, notamment, l’annexion de l’Alsace-Lorraine par le IIe Reich au terme de la guerre franco-allemande de 1870-1871 eut pour effet de nourrir un esprit « revanchard » attisé par les gouvernements successifs, inquiets de la croissance industrielle et démographique allemande.

2) L'impérialisme

Le nationalisme se manifesta également dans les rivalités coloniales et économiques entre grandes puissances européennes. La révolution industrielle, née en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle, s’étendit à la France et à la Belgique au début du siècle suivant, puis aux États-Unis et à la Russie et enfin à l’Allemagne. Les progrès rapides de l’industrialisation dans ce pays depuis 1871 et, en conséquence, le développement plus rapide encore de son commerce menaçaient de plus en plus l’hégémonie britannique dans le monde.

Le Drang nach Osten, expression de l’expansionnisme économique allemand à l’est de l’Europe et au Proche-Orient (Empire ottoman), était considéré par la Russie comme une menace pour ses intérêts politiques et économiques. Les Turcs, quant à eux, s’inquiétaient des ambitions tsaristes sur les détroits, qui auraient donné aux Russes un débouché maritime sur la Méditerranée.

Hors d’Europe, à la fin du XIXe siècle, la recherche de nouveaux marchés et de ressources naturelles devint le principal objet de la concurrence entre les grandes nations industrielles. En Afrique, champ d’expansion privilégié des politiques économiques européennes, les rivalités entre la France et le Royaume-Uni ainsi qu’entre l’Allemagne, d’un côté, et la France et le Royaume-Uni, de l’autre, manquèrent à plusieurs reprises de provoquer une guerre entre 1898 et 1914.

3) La course aux armements

En réponse à ces tensions, les nations européennes adoptèrent, entre 1871 et 1914, des politiques intérieures et extérieures qui accentuèrent à leur tour le risque d’embrasement. Persuadées que leurs intérêts étaient menacés, elles entretinrent en temps de paix de puissantes armées permanentes, constamment modernisées et agrandies par des mesures de conscription.

Sur mer, la recherche de la suprématie navale suscita une concurrence acharnée. En réponse à l’expansion de la marine allemande depuis 1900, le Royaume-Uni développa sa flotte sous le commandement de l’amiral John Fisher. La guerre russo-japonaise (1904-1905) ayant démontré l’efficacité des armements navals à longue portée, les Britanniques construisirent des cuirassés. Remarquables par leur armement lourd, ils furent largement copiés. La course à l’armement, le perfectionnement des techniques et de l’organisation militaires accrurent l’influence des états-majors sur le pouvoir politique. Partout, ceux-ci mirent au point des plans de mobilisation et d’attaque minutieux qu’il était difficile d’arrêter une fois déclenchés.

Pour tenter d’enrayer cette course aux armements au coût exorbitant, qui plaçait les États dans une logique de guerre dont ils perdaient le contrôle, les gouvernements firent une tentative de désarmement mondial. Mais les conférences de La Haye, en 1899 et 1907, échouèrent.

4) Le système des alliances

Tout comme la militarisation aggravait le risque de guerre, la diplomatie des nations européennes menaçait d’étendre à tout le continent le moindre conflit local. Chaque État chercha à conclure des alliances pour ne pas se retrouver isolé en cas de guerre. Les grandes puissances européennes se regroupèrent en deux coalitions militaires hostiles, — la Triple-Alliance, ou Triplice — réunissant l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, et la Triple-Entente, formée en 1893 et 1907, comprenant la France, le Royaume-Uni et la Russie.

5) Des raisons de croire à la paix

Face à ces menaces, les raisons de croire à la paix n’étaient pourtant pas négligeables. Des ruptures d’alliances étaient toujours possibles entre les membres des différentes coalitions.

Par solidarité entre Anglo-Saxons et en raison de liens dynastiques (l’empereur Guillaume II était le petit-fils de la reine Victoria), les Allemands restèrent persuadés, jusqu’à l’été 1914, que les Britanniques, considérés à tort comme pacifistes, ne rentreraient pas dans la guerre.

Les forces socialistes (partis et syndicats), en progrès dans la plupart des pays industrialisés, étaient majoritairement pacifistes et militaient pour une solidarité internationale des ouvriers. Elles proposaient d’opposer à la guerre la grève des travailleurs. Par ailleurs, les rivalités économiques n’avaient pas empêché les industriels et financiers de pays antagonistes de développer, surtout depuis 1909-1910, des opérations internationales communes. En 1913, le Français Jean Jaurès et l’Allemand R. Hasse déclarèrent : « Trois forces militent en faveur du maintien de la paix : la solidarité du prolétariat, la coopération des capitaux anglais, français et allemands, et la peur des gouvernements que, de la guerre, ne jaillisse la révolution. »

6) La marche vers la guerre (1905-1914)

L’Europe étant divisée en deux camps antagonistes, la moindre dégradation de la situation politique, économique ou militaire en Europe, en Afrique ou dans les autres colonies menaçait de provoquer un incident international. Entre 1905 et 1914, plusieurs crises et deux conflits locaux menèrent l’Europe aux portes de la guerre générale.

La première crise éclata à propos du Maroc, où l’Allemagne intervint en 1905-1906 aux côtés des Marocains contre l’ingérence française. La République menaça de déclarer la guerre à l’Allemagne, mais la crise fut finalement résolue lors de la conférence d’Algésiras (Espagne), en avril 1906, qui reconnut à la France des droits au Maroc.

Les Balkans furent le théâtre d’une autre crise, en 1908, quand l’Autriche-Hongrie annexa la Bosnie-Herzégovine, mettant à profit la faiblesse de l’Empire ottoman secoué par la révolution des jeunes-turcs (voir Ottoman, empire). Principal foyer du pansalvisme, la Serbie, qui avait des visées sur cette région, menaça de déclarer la guerre à l’Autriche. Elle dut y renoncer faute du soutien de son allié russe qui lui était indispensable dans cette entreprise.

Une troisième crise, à nouveau au Maroc, éclata en 1911 quand les Allemands envoyèrent le navire de guerre Panther à Agadir pour protester contre l’entrée des Français à Fès et Meknès (voir Agadir, incident d’). Le conflit fut résolu lors de la conférence d’Agadir le 4 novembre. Les Allemands laissaient les mains libres aux Français au Maroc, en échange d’une partie du Congo. L’Italie profita du fait que l’attention des grandes puissances fut retenue par cette crise pour déclarer la guerre à la Turquie, dans l’espoir d’annexer la région de Tripoli (Libye). L’Empire ottoman étant un allié de l’Allemagne, l’agression italienne eut pour effet d’affaiblir la Triple-Alliance.

Les guerres des Balkans de 1912-1913 virent le démembrement des possessions ottomanes en Europe. Au cours du premier conflit, la Russie, qui cherchait à s’assurer le contrôle des détroits de la mer Noire à la Méditerranée, joua un rôle décisif. La Serbie, quant à elle, affirma ses prétentions au détriment de la Bulgarie et des Turcs, tandis que l’Autriche-Hongrie était tenue à l’écart. Déçue par l’affaiblissement de son allié ottoman, l’Allemagne renforça son armée. La France répliqua en faisant passer la durée du service militaire de deux à trois ans. Suivant l’exemple de ces pays, toutes les nations européennes augmentèrent considérablement leurs dépenses militaires en 1913 et 1914.

Dans une Europe puissamment armée et rongée par les rivalités nationales, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône de l’Empire austro-hongrois, cristallisa les tensions. Dans les deux camps, convaincus que l’équilibre diplomatique et militaire leur était favorable, les grandes puissances étaient prêtes à risquer la guerre pour tenir l’autre camp en respect.

7) Les manœuvres diplomatiques

Considérant que cet assassinat était imputable à la Serbie, le gouvernement austro-hongrois se montra pour la première fois prêt à une opération militaire pour en finir avec le panslavisme, qui menaçait de plus en plus ses intérêts vitaux.

Le 23 juillet, l’Autriche-Hongrie envoya un ultimatum en dix points à Belgrade, exigeant le châtiment des complices éventuels de Princip et l’arrêt de la propagande anti-autrichienne en Serbie. Le 25 juillet, sous la pression du Royaume-Uni et de la Russie, la Serbie accepta de se plier à toutes ces exigences, à l’exception de la participation d’officiers autrichiens à l’enquête considérée comme une incursion dans les affaires intérieures du pays, mais l’Autriche jugea cette réponse insatisfaisante. Les Russes tentèrent alors de persuader les Autrichiens de modifier les termes de l’ultimatum, les menaçant de mobiliser leurs troupes en cas d’attaque contre la Serbie. Le 26 juillet, le Premier ministre britannique Edward Grey proposa de régler le conflit par une conférence réunissant le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Allemagne, mais cette dernière, estimant que l’équilibre militaire lui permettait de régler le conflit serbe, rejeta l’offre.

8) La déclaration de guerre

Le 28 juillet, l’Autriche-Hongrie, garantie du soutien de l’Allemagne, déclara la guerre à la Serbie. La Russie riposta le lendemain par une mobilisation partielle. L’Allemagne avertit la Russie que, si cette mobilisation se poursuivait, les deux nations entreraient en guerre et incita l’Autriche-Hongrie à négocier avec Moscou une modification de l’ultimatum à la Serbie. Devant le refus russe de démobiliser, l’Allemagne déclara la guerre à la Russie le 1er août.

La mobilisation française commença le même jour et, le 3 août, l’empereur allemand Guillaume II déclara la guerre à la France. Répliquant à l’entrée en Belgique de troupes allemandes, le Royaume-Uni lança un ultimatum à Berlin le 4 août, exigeant le respect de la neutralité belge. Devant le refus de l’Allemagne, elle lui déclara la guerre le jour même.

Le 6 août, la Serbie déclara la guerre à l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie avait fait de même la veille avec la Russie. Le 11 août, la France déclara la guerre aux Habsbourg d’Autriche, imitée le lendemain par le Royaume-Uni. Le 5 septembre 1914, par le pacte de Londres, la France, la Grande-Bretagne et la Russie s’engagèrent à ne pas signer de paix séparée. Le Japon, qui avait des ambitions sur les possessions germaniques d’Extrême-Orient, déclara la guerre à l’Allemagne le 23 août. Le 2 novembre, la Russie, suivie le lendemain par le Royaume-Uni et la France déclarèrent la guerre à la Turquie qui avait signé un pacte secret avec l’Allemagne. L’Italie resta neutre jusqu’au 23 mai 1915, date à laquelle elle se désolidarisa de la Triple-Alliance et déclara la guerre à l’Autriche-Hongrie pour satisfaire ses revendications territoriales. Le caractère mondial du conflit allait être encore accru avec l’entrée en guerre tardive des États-Unis, le 6 avril 1917, puis de la Chine, le 14 août suivant.

9) La mobilisation

Les forces de paix ne purent résister à l’atmosphère nationaliste exacerbée par les événements (voir assassinat de Jean Jaurès à la veille de la déclaration de guerre). Les refus de rejoindre les armées furent très rares et l’on n’eut même pas besoin en France d’appliquer le carnet B (arrestation préventive des leaders pacifistes). Cependant, les élans patriotiques, bien que réels, furent surévalués par les propagandes alliées. La mobilisation se fit partout dans le calme, avec sérieux ou résignation, et surtout l’idée que la guerre serait courte.


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