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Les origines de la 1ère guerre mondiale
Les origines de la Première Guerre mondiale sont très nombreuses et complexes. Tout d'abord, la fin du XIXè siècle et le début du XXè seront marqués par la création d'un vaste système d'alliance entre États et l'influence grandissante de l'empire allemand. D'autre part, le début du XXè siècle est marqué par la montée en puissance du nationalisme et des revendications identitaires dans les trois empires multiethniques : l'Autriche-Hongrie, la Russie ainsi que l'Empire ottoman. Enfin, la France est animé d'un désir de revanche depuis sa défaite durant la guerre franco-prussienne (aussi appelée franco-allemande) de 1870 et le traité de Francfort signé le 10 mai 1871.

1) Le nationalisme

Au XIXè siècle et au début du XXè siècle, les peuples des empires multiethniques revendiquent plus de reconnaissance politique et d'autonomie. Les mouvements nationalistes ont débuté avec le "Printemps des peuples" en 1848 où de nombreuses révolutions ont eu lieu, notamment à Prague qui oblige Ferdinand Ier d'Autriche a abdiqué en faveur de son neveu François-Joseph (la faiblesse momentanée de l'empire autrichien encourage les révolutions en Hongrie et en Allemagne), en Italie, en Hongrie, en Allemagne et en France avec la chute du roi des Français Louis-Philippe et le début de la deuxième république qui ne durera qu'un peu plus de quatre ans (preuve d'une certaine instabilité politique). Les peuples sont privés d'État souverain ; ainsi, les Polonais sont partagés entre l'empire autrichien, russe et allemand et l'empire d'Autriche-Hongrie regroupe une multitude de peuples de cultures et de traditions différentes, ce qui sera à l'origine de son éclatement à la fin de la Première Guerre mondiale. De plus, dans tous les pays européens, les peuples sont sujets à une propagande patriotique tournée vers des ennemis "héréditaires". En France, le sentiment de revanche suite à la perte de l'Alsace et de la Lorraine, conséquence de la défaite contre la Prusse lors de la guerre de 1870, est entretenu par les gouvernements successifs. En effet, la France va s'efforcer de respecter les clauses du traité de Francfort qui met fin à la guerre le 10 mai 1871. Ce traité a donc polarisé la politique française pendant plus de quarante ans, période durant laquelle le revanchisme fut entretenu dans les écoles (formant ainsi les futurs poilus).

2) L'impérialisme

L'Allemagne, unifiée depuis 1871 grâce, en partie, à son chancelier Otto von Bismarck, a rattrapé le retard économique qu'elle avait accusé sur les principales puissances d'Europe occidentale que sont la France et le Royaume-Uni. Forte de cette performance, l'Allemagne se tourne alors vers l'Afrique afin de développer son empire colonial pour rivaliser avec ceux des grandes puissances : c'est la Weltpolitik. Le Royaume-Uni et la France ayant commencé leur politique de colonisation depuis plus d'un demi-siècle, l'Allemagne ne dispose pas de zones d'influence dans les colonies, mis à part le Cameroun, la Namibie, la Tanzanie et le Togo. L'Allemagne se tourne vers le Maroc qui sera le noyau de tensions et incidents diplomatiques franco-allemands, avec en particulier, les crises de 1905 et 1911.En effet, de par l'Entente cordiale signée en 1904, la Grande-Bretagne accepte un protectorat français sur le Maroc. Mécontent, le Kaiser allemand, Guillaume II, débarque à Tanger le 31 mars 1905 pour rencontrer et assurer son appui au sultan Abd-ul-Aziz : c'est le "coup de Tanger". La conférence d'Algérias est alors organisée, en 1906, et confirme l'indépendance du Maroc et les "privilèges" de la France sur le Maroc. Après l'accord économique franco-allemand du 9 février 1909, Abd-ul-Aziz est renversé par son frère Moulay Hafiz qui sera assiégé dans Fès par les tribus berbères. Ce dernier demande donc l'aide des Français qui répondent favorablement. L'Allemagne voit ici une violation des accords signé à Algésiras en 1906 et envoie la canonnière Panther (navire de guerre) à Agadir sous prétexte de protéger les entreprises allemandes installées au Maroc. La France et la Grande-Bretagne apprennent l'existence de cet acte le 1er juillet 1911 et réagissent vivement. La Grande-Bretagne se déclare ouvertement en faveur de la France et lui demande d'agir avec la plus grande fermeté. La France et l'Allemagne sont alors au bord du conflit. Le gouvernement français, voulant à tout prix éviter la guerre, agit avec diplomatie et conclue avec l'Allemagne un traité le 4 novembre 1911 précisant la renonciation de l'Allemagne à sa présence au Maroc et un échange de territoire entre le Cameroun, colonie allemande, et le Congo, colonie française.
En outre, la nouvelle grande puissance industrielle et la poussée démographique allemande inquiètent les États européens tandis que l'Allemagne s'inquiète de la croissance démographique et économique russe. De plus, les Balkans sont la source de nombreuses tensions entre l'Autriche-Hongrie, la Serbie et donc la Russie (alliance entre les deux pays), et l'Empire ottoman. Les régions proches de l'Italie font aussi l'objet de tensions entre l'Autriche-Hongrie et l'Italie puisque cette dernière réclame des territoires qu'elle considère italiens car italophones. L'envie chez l'Italie de récupérer ces territoires est d'autant plus forte que les tentatives de conquêtes coloniales ont été infructueuses (la Libye est néanmoins sous contrôle italien depuis la guerre italo-turque de 1911).

3) La course aux armements

A cause de ces tensions, les pays européens ne cessent de développer et de moderniser leurs armées. La guerre russo-japonaise (1904-1905) a montré l'importance des navires de guerres. De ce fait, les pays européens, notamment l'Allemagne et le Royaume-Uni développèrent leur flotte avec notamment la construction accélérée de cuirassés. Les budgets militaires des pays ont très largement augmenté. Pour tenter de limiter cette course aux armements, le mouvement pacifiste international, de plus en plus présent, obtient l'organisation de deux conférences à La Haye en 1899 et 1907. Ces conférences aboutissent à l'interdiction d'armes jugées déloyales comme le poison mais ne parviennent pas à engager un véritable processus de désarmement. (La durée du service militaire en France est passée de deux à trois ans.)

4) Le système des alliances

A la fin du XIXè siècle et au début du XXè siècle, l'Europe est divisé en deux blocs. D'un côté les pays membres de la Triple Alliance (ou Triplice), de l'autre, les pays membres de la Triple Entente. En 1879, le chancelier allemand du IIè Reich, Otto von Bismarck, négocie secrètement avec l'Autriche-Hongrie un traité d'alliance défensive dans le but de parer à une éventuelle agression française et d'isoler la France. L'Autriche-Hongrie dispose donc d'un allié de poids contre la Russie et l'Allemagne se renforce contre la France. En 1881, l'Italie demande son intégration dans cette alliance par opposition à la France qui a pris pied en Tunisie, territoire que l'Italie revendiquait. En 1882, un accord tripartite voit le jour, la Triple-Alliance.
En 1893, un accord est contracté entre la France et la Russie. Cet accord sera renforcé en 1912 par une alliance défensive franco-russe. La France bénéficie ainsi d'un allié de poids contre l'Allemagne (front de l'est) et contre l'Angleterre (la Russie est frontalière à l'Inde). Après la crise de Fachoda (incident diplomatique franco-britannique sérieux) en Egypte en 1898, la France et le Royaume-Uni persévèrent à régler pacifiquement leurs différends coloniaux. Le 8 avril 1904, l'Entente cordiale est signée. Le 31 août 1907, la Russie et le Royaume-Uni signent un accord similaire délimitant leurs zones d'influence en Perse et en Afghanistan. Ces trois accords constituèrent la "Triple Entente". Les tensions de plus en plus intenses entre la Triple Alliance et la Triple Entente menacent l'équilibre européen.

5) Des raisons de croire à la paix

Les rivalités entre pays européens ne cesseront de s'accentuer au début du XXè sicle. Cependant, plusieurs éléments permettent de croire encore à la paix. En effet, les ruptures des différents accords étaient toujours possibles ; par exemple, l'un des articles de l'Entente cordiale signé en 1904 précise la possibilité d'un changement de politique concernant l'Egypte ou le Maroc. De plus, en raison des liens dynastiques (le Kaiser Guillaume II était le petit-fils de la reine Victoria du Royaume-Uni et le petit cousin du tsar Nicolas II), l'Allemagne était persuadée que les Britanniques ne rentreraient pas dans une éventuelle guerre. Enfin, les mouvements nationalistes internationaux sont de plus en plus influents, comme nous l'avons vu ci-dessus, dans "la course aux armements".

6) La marche vers la guerre : le début du XXè siècle mouvementé

Au début du XXè siècle, l'Europe est divisé en deux blocs antagonistes : les pays attachés à la Triple Entente contre les pays membres de la Triple Alliance. Plusieurs crises et conflits amenèrent l'Europe aux portes de la guerre.

La première crise européenne fut celle concernant le Maroc en 1905, comme nous l'avons vu dans le paragraphe sur "l'impérialisme". Cette crise a été atténuée par la conférence d'Algésiras, en avril 1906.
La seconde principale crise est celle des Balkans lorsqu'en 1908, l'Autriche-Hongrie annexa la Bosnie-Herzégovine, que la Serbie voulait annexer. Cette dernière menaça de déclarer la guerre à l'Autriche-Hongrie mais dut y renoncer, faute de soutien.
Le Maroc fut le sujet d'une troisième crise, en 1911, entre la France et l'Allemagne. Cette crise est en partie détaillée dans le deuxième paragraphe sur "l'impérialisme". Lors d'un discours à propos de la Convention franco-allemande de 1911, George Clemenceau dit : "De bonne foi, nous voulons la paix, nous la voulons parce que nous en avons besoin pour refaire notre pays. Mais enfin, si on nous impose la guerre, on nous trouvera."
Les guerres des Balkans de 1912-1913 : La première guerre entre la Russie, qui voulait s'assurer le contrôle des détroits de la mer Noire à la Méditerranée, et l'Empire ottoman. L'Empire ottoman perd la partie nord des Balkans et est donc affaibli. La seconde guerre opposa la Bulgarie aux autres pays balkaniques. L'Allemagne, reconnaissant l'affaiblissement de son allié ottoman, renforça son armée. Pour faire face à cela, la France augmentera d'un an le temps du service militaire (il passe à trois ans). Ainsi, tous les pays européens augmentèrent significativement leurs dépenses militaires.
Chaque bloc (la Triple-Entente et la Tripe Alliance), convaincu de leur supériorité diplomatique et militaire, était près à entrer en guerre pour tenir l'ennemi au respect.

7) Les manœuvres diplomatiques

Le double assassinat par l'étudiant nationaliste serbe Gavrilo Princip, le 28 juin 1914, de l'archiduc héritier François-Ferdinand et de son épouse Sophie, duchesse de Hohenberg, fut l'événement à l'origine des manoeuvres diplomatiques aboutissant à la guerre. L'Autriche, soupçonnant immédiatement la Serbie d'être à l'origine de ce crime, compte se servir de cette cause de guerre pour éliminer la Serbie, considérée comme une puissance balkanique. Le 23 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum en dix points à la Serbie. Le lendemain, la Russie, allié de la Serbie, ordonne la mobilisation générale pour certaines de ses régions militaires de l'ouest. Le 25 juillet, la Serbie décrète la mobilisation générale et déclare qu'elle accepte tous les points de l'ultimatum sauf un, celui qui exige que l'Autriche-Hongrie puisse enquêter sur l'assassinat en Serbie. Sir Edward Grey, ministre des Affaires étrangères britannique propose sa médiation, refusée par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. L'empire austro-hongrois indique à la Serbie la rupture de toute relation diplomatique avec elle. Le 26, l'Autriche-Hongrie ordonne la mobilisation contre la Serbie. L'empire austro-hongrois déclare la guerre à la Serbie le 28 juillet 1914. Le "mécanisme" des alliances se met en place, aucun chef d'État ne peut l'arrêter.

8) La déclaration de guerre

Le 28 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie, soutenue par l'Allemagne, déclare la guerre à la Serbie. En réponse à cela, la Russie mobilise ses troupes à la frontière occidentale, le 29 juillet. L'Allemagne avertit alors la Russie que, si cette mobilisation se poursuivait, la déclaration de guerre serait fort probable. L'Allemagne déclara la guerre à la Russie le 1er août, car cette dernière refusa de démobiliser. La mobilisation générale est décrétée en France. Le 2 août, l'Allemagne, qui ne reconnaît pas la neutralité de la Belgique, adresse un ultimatum à la nation belge exigeant le libre passage des troupes allemandes dans le pays. Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique, l'empire ottoman se mobilise (suite à la signature secrète d'une alliance germano-turque la veille), tandis que l'Italie (membre de la Triple Alliance, signataire d'un accord de non-agression secret avec la France, restera neutre jusqu'au 23 mai 1915, date à laquelle elle déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie) et la Roumanie déclarent leur neutralité. Suite à l'entrée des troupes allemandes en Belgique, le 4 août, le Royaume-Uni adresse un ultimatum à l'Allemagne exigeant le respect de la neutralité belge. Devant le refus de l'Allemagne, le Royaume-Uni lui déclare la guerre le jour même. Le lendemain, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie tandis que le Monténégro déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. Le 6 août, la Serbie déclare la guerre à l'Allemagne. Le 11 août, la France déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie, le Monténégro déclare la guerre à l'Allemagne et l'Egypte déclare la guerre aux Empires Centraux. Le 13, le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. Le 23 août, le Japon déclare la guerre à l'Allemagne. Deux jours plus tard, c'est au tour de l'Autriche-Hongrie de déclarer la guerre au Japon. Le 5 septembre 1914, les pays membres de l'Entente s'engagent à ne pas signer de paix séparée (pacte de Londres). Le 2 novembre, la Russie, suivie le lendemain par la France et le Royaume-Uni, déclare la guerre à l'empire ottoman. La mondialisation du conflit s'accroit avec l'entrée en guerre aux côtés des Alliés des États-Unis, le 6 avril 1917, puis de la Chine, le 14 août de la même année.

9) La mobilisation

Les élans pacifistes ne purent résister à l'atmosphère nationaliste et aux élans patriotiques largement amplifiés par la propagande. Ainsi, les refus de rejoindre les armées furent rares et la mobilisation fut effective très rapidement. En effet, tout le monde pensait que la guerre qui s'engageait ne durerait pas longtemps ; elle durera plus de quatre ans.

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