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1) Les victoires de l’Axe (1941-1942)
A) Le front est

Dans le cadre de l’invasion de l’URSS, sous le commandement suprême du maréchal von Brauchitsch, trois corps d’armées furent constitués, qui devaient avancer vers le nord, le centre et le sud en direction de Leningrad (actuelle Saint-Pétersbourg), Moscou, Stalingrad (actuelle Volgograd) et Kiev. La plupart des généraux allemands croyaient que le régime soviétique sacrifierait tout pour défendre Moscou, la capitale, cœur du réseau routier et ferroviaire, et l’un des principaux centres industriels du pays. Mais, aux yeux d’Hitler, les terres et les ressources de l’Ukraine et le pétrole du Caucase avaient davantage d’importance ; il souhaitait également s’emparer de Leningrad, d’où la mise en place de ces trois corps d’armées. Les experts avaient indiqué que la victoire devrait être obtenue en dix semaines, détail important du fait de la brièveté de l’été russe, époque idéale pour combattre en URSS — mais les campagnes des Balkans avaient retardé les opérations de trois semaines. Effectivement, les premières semaines de combat se soldèrent par des victoires nazies. Les premières défaites soviétiques s’expliquèrent par le manque d’encadrement et d’entraînement de l’armée ; de plus, l’état-major pensait que l’infanterie jouerait un rôle considérable dans le conflit, ce qui fut une erreur tactique ; enfin, pendant longtemps, l’URSS ne crut pas à l’imminence de l’attaque allemande. Pourtant, les premiers succès de la Wehrmacht ne furent pas définitifs et la résistance se développa. En outre, des facteurs naturels (la rigueur de l’hiver et l’immensité du territoire russe) jouèrent en faveur de l’Union soviétique.

Face à cette attaque, les Alliés soutinrent l’URSS : Churchill offrit une alliance à l’Union soviétique attaquée et Roosevelt proposa l’aide du prêt-bail dès le 26 juin 1941 ; cependant, les alliés anglo-américains demeuraient pessimistes quant à l’issue du combat. À la fin du mois de juin et au début de juillet, le groupe d’armées du centre avait encerclé Bialystok et pris Minsk. Le 16 juillet, après avoir traversé le Dniepr, dernière barrière naturelle à l’ouest de Moscou, l’armée allemande s’emparait de Smolensk.

Les Soviétiques soutenaient leur effort de guerre pour défendre Moscou ; ils pratiquaient la tactique de la « terre brûlée », préférant sacrifier leurs biens, plutôt que de les céder à l’armée nazie. Hitler n’était pas entièrement satisfait et, malgré les protestations de ses généraux, il ordonna au groupe d’armées du centre de stopper sa progression et de dévier l’ensemble de ses blindés, scindé en deux. Une partie devait se diriger vers le nord, afin de venir en aide au groupe d’armées qui, épaulé par les Finlandais, encerclait Leningrad (le siège de la ville dura deux ans) ; l’autre groupe, mené par le maréchal von Rundstedt, devait faire route vers le sud, ce qui permit de refermer un véritable piège, à l’est de Kiev, où furent faits des centaines de milliers de prisonniers. Hitler décida alors, début octobre, de reprendre la progression vers Moscou, qui redevenait l’objectif prioritaire.

L’avancée fut, durant quelques jours, conforme aux attentes allemandes mais, très vite, la situation évolua, avec les premières chutes de neige précoces. Le redoux qui suivit et les fortes pluies aggravèrent la situation, transformant en torrents boueux les routes de terre battue de Russie, qui engluèrent les blindés.

À la mi-novembre, le temps se refroidit et le sol gela. Hitler et le commandant du groupe du centre, le feld-maréchal Fedor von Bock, décidèrent cependant de poursuivre la progression.

Dans la seconde moitié du mois de novembre, von Bock envoya deux divisions de blindés vers la capitale soviétique. Début décembre, la division qui se dirigeait vers la ville par le nord-ouest était à moins de 20 km de son but ; l’autre, venant du sud, avait encore 65 km à parcourir. Les divisions de Panzers avaient souvent couvert cette distance en moins d’un jour, mais la température baissait toujours, des congères se formaient sur les routes et ni les hommes ni les machines n’étaient équipés contre le grand froid. Le 5 décembre, les commandants dirigeant les armées avancées annoncèrent qu’ils étaient bloqués : les blindés et les camions étaient paralysés par le gel et les troupes ne voulaient plus se battre.

B) Les conquêtes japonaises en Asie et dans le Pacifique

En quelques semaines, les Japonais se rendirent maîtres d’immenses possessions très éloignées les unes des autres, en combinant les forces maritime et aérienne. Au mois de décembre 1941, ils s’emparèrent de Hong Kong, qui appartenait à la Grande-Bretagne ainsi que des îles Gilbert (dans l’État de Kiribati), des îles de Guam et Wake (possessions américaines). Ils envahirent également la Birmanie, la Malaisie et Bornéo, colonies britanniques, ainsi que les Philippines, gouvernées par les Américains.

Singapour, possession britannique, tomba aux mains des Japonais en février 1942 ; en mars, le Japon occupa les Indes néerlandaises et débarqua dans le sud de la Nouvelle-Guinée. Les forces américaines et philippines capitulèrent dans la péninsule de Bataan, le 9 avril, et la résistance des Philippines s’acheva avec la reddition de Corregidor, le 6 mai.

L’extension japonaise continua en direction du nord jusqu’aux îles Aléoutiennes, à l’est jusqu’aux îles Midway, au sud dans les îles Salomon et la Nouvelle-Guinée méridionale. Au cours de leur dernière opération menée par mer, ils voulurent s’emparer de Port Moresby à la pointe sud de la Nouvelle-Guinée ; mais les Américains y envoyèrent un corps expéditionnaire. La bataille de la mer de Corail qui s’ensuivit (4 au 8 mai 1942), menée entièrement depuis des porte-avions, força les Japonais à renoncer à cette dernière conquête.

2) L’ordre nouveau

L’Allemagne et le Japon décidèrent d’instaurer un ordre nouveau dans les pays qu’ils occupaient.

A) L'Europe hitlérienne

Suivant sa théorie du Lebensraum (« espace vital »), Hitler s’était donc lancé dans la conquête de nombreux territoires européens. L’expansion et l’occupation allemandes se manifestèrent diversement : annexion (Pologne occidentale, Alsace, Lorraine, Luxembourg, Slovénie), occupation des territoires, avec la mise en place d’une administration allemande (nord et ouest de la France, Belgique, Norvège, Hollande), instauration de nouveaux gouvernements à la solde des nazis (Croatie, Slovaquie, Serbie, Grèce). L’exploitation économique de l’Europe prit également plusieurs formes : paiements de frais d’occupation, pillages des ressources agricoles et industrielles, prélèvements d’une partie de la production, réquisitions de main-d’œuvre, avec l’utilisation des prisonniers de guerre, l’appel à des travailleurs volontaires, puis l’instauration du Service du travail obligatoire (STO).

La politique d’Hitler, dans les territoires d’Europe de l’Est, était fondée sur le principe « d’infériorité de la race slave » et sur sa volonté de « liquider le bolchevisme ». Sur cette base idéologique, il entreprit la déportation, puis l’extermination des ennemis du Reich et des « races inférieures » : Juifs, Slaves, Tziganes (voir Rom). Les nazis établirent des camps de concentration à travers toute l’Europe, et la « solution finale », l’extermination systématique des Juifs, fut décidée en janvier 1942, lors de la conférence de Wannsee. À Auschwitz, à Treblinka et dans les autres camps d’extermination, environ 4 millions de personnes, pour la plupart des Juifs, furent anéanties. (Voir aussi Holocauste ; Génocide ; Antisémitisme.)

B) La sphère de « coprospérité » asiatique

En Asie, l’occupation japonaise se concrétisa par la conquête de territoires comme la Corée et Formose (voir Taïwan), l’instauration de protectorats (Mandchourie, Mongolie, Philippines, Birmanie) ou de colonies en Indochine, en Indonésie et en Malaisie. L’occupation japonaise fut impitoyable, fondée sur des régimes militaires et policiers qui exploitaient les ressources économiques des territoires conquis.

3) Les premières victoires des Alliés (1942-1943)

A) Les premiers retournements

Sur le front est, Staline et le maréchal Joukov réunirent des troupes de réserve. Elles comptaient de nombreuses nouvelles recrues, mais surtout des vétérans de Sibérie, plus aguerris ; tous étaient bien équipés pour l’hiver. Le 6 décembre 1941, ils contre-attaquèrent et, en quelques jours, la Wehrmacht dut battre en retraite, abandonnant de nombreux véhicules et autres armements rendus inutilisables par le froid.

Sur les ordres de Staline, la contre-attaque de Moscou se transforma rapidement en une contre-offensive sur toute la ligne de front. Les Allemands n’avaient pas construit de lignes de défense à l’arrière et ne pouvaient pas creuser le sol gelé. Certains généraux conseillèrent le retrait en Pologne, mais, le 18 décembre, Hitler ordonna à ses troupes de rester sur place, quelle que soit leur position. Par la suite, les Soviétiques anéantirent de larges parties du front allemand, mais suffisamment de soldats allemands survécurent pour maintenir le siège de Leningrad (voir Saint-Pétersbourg), continuer de menacer Moscou et garder l’Ukraine occidentale sous contrôle allemand.

Dans le Pacifique, un nouvel affrontement débuta à partir de juin 1942 : la bataille de Midway. Une puissante force japonaise aéroportée, sous les ordres de l’amiral Yamamoto Isoroku, commandant en chef de la marine, mit le cap sur les îles Midway dans la première semaine de juin. L’amiral Nimitz prit le commandement de la flotte américaine du Pacifique. Au cours de la bataille de Midway, le 4 juin 1942 au matin, les bombardiers américains, attaquant en piqué, détruisirent trois porte-avions japonais lors d’une attaque très brève. Le quatrième coula plus tard dans la journée, après que ses avions eurent réussi à pilonner le porte-avions américain Yorktown, qui sombra à son tour, deux jours plus tard.

Yamamoto fut contraint d’ordonner le repli général le 5 juin 1942. Les 6 et 7 juin, une force japonaise moins importante prit Kiska et Attu dans les îles Aléoutiennes, sans compenser la défaite de Midway, véritable échec pour la marine du pays.

B) Le tournant de la guerre et l'élaboration de la stratégie alliée

À la fin du mois de décembre 1941, Roosevelt et Churchill, accompagnés de leurs principaux conseillers, se rencontrèrent à Washington. Ils réaffirmèrent leur volonté de vaincre d’abord l’Allemagne avant le Japon. En pratique, cette collaboration se manifesta par la constitution d’états-majors communs. Le 1er janvier 1942, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’URSS et 23 autres pays signèrent la charte des Nations unies, dans laquelle ils insistaient sur la nécessité d’une « complète victoire » et s’engageaient à ne pas signer de paix séparée avec l’ennemi.

Sur le plan militaire, deux stratégies s’opposèrent. Les Britanniques souhaitaient une stratégie périphérique, c’est-à-dire l’attaque de l’ennemi aux points névralgiques (Méditerranée, Balkans, Afrique du Nord) ; les Américains leur opposèrent une stratégie de concentration, visant à abattre l’ennemi de front en effectuant un débarquement sur les côtes françaises. Dans un premier temps, c’est la stratégie britannique qui fut adoptée.

Sur le plan pratique, les États-Unis ne devaient pas participer beaucoup aux opérations menées en Europe au début de 1942. Ils n’avaient aucune troupe sur place et devaient s’attacher, avant tout, à mobiliser et à entraîner leurs effectifs, ainsi qu’à convertir leurs industries nationales.

En Afrique du Nord, les Britanniques ne se contentèrent pas de se défendre. Ils avaient délivré Tobrouk le 10 décembre 1941 ; ils s’emparèrent de Benghazi, en Libye, deux semaines plus tard. Rommel contre-attaqua à la fin du mois de janvier 1942 et les repoussa alors sur 300 km jusqu’à al-Gazala et Bir Hakeim, mais là, bien avant Tobrouk et la frontière égyptienne, l’offensive piétina.

La grande interrogation de la guerre était de savoir si l’URSS supporterait une seconde offensive allemande pendant l’été 1942. Les Soviétiques firent appel aux États-Unis et à la Grande-Bretagne pour que la pression allemande à laquelle ils étaient soumis soit, si possible, soulagée par l’ouverture d’un second front, à l’ouest. Le général Marshall, chef d’état-major de l’armée américaine, pensait que le meilleur moyen d’aider les Soviétiques et de mettre rapidement fin au conflit était de rassembler les troupes en Grande-Bretagne et d’attaquer au nord-ouest de l’Europe en traversant la Manche. Il souhaitait passer à l’action au printemps 1943, ou même dès 1942. Les Britanniques, quant à eux, ne voulaient intervenir nulle part avant que la situation en Afrique du Nord ne se soit stabilisée. La progression de Rommel détermina les priorités des Alliés. En juin, il s’empara de Tobrouk et avança de 380 km en Égypte jusqu’à El-Alamein, menaçant l’Égypte et le canal de Suez.

C) Le reflux japonais dans le Pacifique

Pendant ce temps, malgré la stratégie donnant la priorité au problème allemand, les Américains poursuivaient leur combat contre le Japon. Si la bataille de Midway avait arrêté les Japonais dans le Pacifique central, ces derniers avançaient toujours dans le Pacifique sud-ouest, le long de l’archipel des îles Salomon et, sur terre, en Nouvelle-Guinée. Le 2 juillet 1942, les États-Unis envoyèrent la marine et l’armée de terre dans le Pacifique sud et sud-ouest, afin de stopper les Japonais, de les chasser des îles Salomon et du nord-est de la Nouvelle-Guinée et d’éliminer l’importante base qu’ils avaient établie à Rabaul en Nouvelle-Bretagne, dans l’archipel Bismarck.

Au milieu de l’été 1942, l’Axe progressait. Stalingrad et le Caucase étaient apparemment aux mains d’Hitler, et Rommel était à portée du canal de Suez. Les Japonais occupaient Guadalcanal, à la pointe sud de l’archipel des îles Salomon, et marchaient en direction de Port Moresby. Toutefois, dans les six mois qui suivirent, les forces de l’Axe furent stoppées et repoussées en Union soviétique, en Afrique du Nord et dans le Pacifique sud-ouest.

En effet, les marines américains débarquèrent à Guadalcanal, le 7 août 1942, assez facilement, l’opposition n’étant constituée que d’une petite garnison japonaise. Cependant, les Japonais ripostèrent promptement et violemment par les airs et par la mer : l’issue du combat dépendait de leur capacité à amener d’indispensables renforts et de celle de la marine américaine à fournir à ses marines le soutien logistique nécessaire. Entre le 24 août et le 30 novembre, alors que les marines affrontaient des ennemis obstinés au cœur de la forêt dense, la marine mena six grandes batailles dans les eaux de l’île. Dans les deux camps, les pertes en navires et en avions furent lourdes. Cependant, la bataille tourna à l’avantage des États-Unis à l’été 1942 et les Américains purent se déclarer victorieux en février 1943. Dans le Pacifique également, 1942 fut une année charnière.

D) La contre-offensive en Afrique du Nord

Au printemps et à l’été 1942, la situation en Afrique du Nord était plutôt favorable à l’Axe. Ainsi, le 31 août 1942, Rommel et l’Afrikakorps effectuèrent une percée à travers le flanc sud de la ligne britannique, à l’ouest d’El-Alamein ; les Allemands furent arrêtés sur la crête de Alam-El Halfa, avant d’être repoussés le 7 septembre (voir El-Alamein, bataille d’). En effet, le 23 octobre 1942, le général britannique Montgomery lança la contre-offensive alliée en Afrique du Nord. Le 1er novembre, ce fut la victoire d’El-Alamein ; le 5 novembre, il contraignit Rommel à battre en retraite.

Le 8 novembre 1942 commença l’opération Torch : les troupes américaines et britanniques débarquèrent et combattirent côte à côte sous les ordres du général Eisenhower, dans les ports du Maroc et de l’Algérie. Les Américains débarquèrent à Casablanca et à Oran ; les Britanniques, à Alger. Les Allemands envoyèrent alors des renforts en Tunisie et, en réaction à ce débarquement, envahirent la zone sud de la France, réalisant ainsi l’occupation totale du pays. Le 5e régiment de Panzers, sous les ordres du général von Arnim, avait reçu l’ordre d’arrêter Eisenhower. Rommel, qui avait poursuivi sa retraite vers l’ouest, franchit la ligne de Mareth, dans le sud-est tunisien, au début du mois de février 1943 ; il livra une attaque contre les Américains, le 14 février, les repoussant sur 80 km et les chassant du col de Kasserine, point stratégique. Ce fut sa dernière victoire, car il fut rappelé par Hitler, en mars. Les troupes britanniques furent rejointes par les troupes françaises libres du général Leclerc ; elles repoussèrent les forces allemandes jusqu’en Tunisie. Les Français, malgré des tensions entre les divers représentants militaires, furent également présents dans les opérations qui se déroulèrent en Afrique du Nord : ainsi, le général Giraud fut nommé commandant en chef civil et militaire. Après plusieurs mois de résistance, l’Afrikakorps de Rommel capitula le 12 mai 1943.

E) La bataille de l'Atlantique

Dans l’ouest de l’océan Atlantique, l’Allemagne nazie continuait d’empêcher les communications maritimes et l’approvisionnement de la Grande-Bretagne, grâce à ses sous-marins. Cependant, l’entrée en guerre des États-Unis et l’engagement de sa marine modifièrent les données. Ainsi, à partir de 1943, l’Allemagne connut ses premières défaites navales ; en mai, l’amiral Dönitz dut reconnaître sa défaite.

F) Le front russe à l'été 1942

L’Union soviétique se lança dans la guerre totale, en orientant son économie vers une économie de guerre, grâce à la reconstruction d’une force industrielle et à la mobilisation de l’ensemble de la population.

Les Allemands étaient repassés à l’attaque au début du printemps 1942. Aux victoires soviétiques de l’hiver avaient succédé les désastres du printemps. Les revers essuyés au sud de Leningrad, près de Kharkiv et en Crimée, s’étaient soldés, à eux seuls, par l’emprisonnement de plus d’un demi-million d’hommes. Les Allemands, s’ils remportaient à nouveau des victoires et reprenaient du terrain, subissaient néanmoins des pertes importantes et le rapport de force leur devenait défavorable. De plus, Hitler avait commis une erreur colossale : persuadé de remporter la victoire en 1941, il avait arrêté la plus grande partie de la production d’armement et de munitions destinée à l’armée de terre et reconverti les usines afin de pourvoir aux besoins de la marine et de l’armée de l’air, avec lesquelles il prévoyait d’achever le combat contre la Grande-Bretagne. L’industrie recommença à produire pour l’infanterie en janvier 1942, mais le matériel ne devait arriver sur le front qu’à la fin de l’été.

L’offensive allemande reprit vers le sud et le sud-est. Hitler pensait pouvoir contraindre les dirigeants soviétiques à sacrifier le gros de leurs troupes dans la défense des mines de charbon du bassin du Donets et les gisements pétroliers de Bakou et du Caucase.

L’offensive commença à l’est de Kharkiv, le 28 juin 1942 : la Wehrmacht investit le Donets et progressa à l’est du Don.

Hitler, enhardi par la facilité et la rapidité de la progression allemande, modifia ses plans dans la dernière semaine de juillet. Il avait d’abord proposé de diriger, comme convenu, les troupes vers Stalingrad, de s’emparer fermement de la Volga et, à ce moment seulement, d’envoyer une division dans le Caucase. Le 23 juillet, il ordonna à deux régiments de continuer à avancer vers Stalingrad (aujourd’hui Volgograd) et à deux autres de frapper au sud et de prendre les gisements pétroliers de Maikop, Groznyï et Bakou.

Mais, dans la seconde moitié du mois d’août, il détourna une partie des renforts destinés au sud pour renforcer l’attaque de Stalingrad et la progression dans le Caucase en pâtit. Néanmoins, le 3 septembre 1942, quand la VIe armée allemande et la IVe armée de Panzers se retrouvèrent dans la banlieue de Stalingrad, la victoire semblait proche.

L’URSS connut ses pires moments de la guerre à la fin du mois de juillet 1942. La retraite était pratiquement inévitable et les Allemands s’apprêtaient à frapper au nord, le long de la Volga, derrière Moscou, ainsi que dans le Caucase. Le 28 juillet, Staline prononça un de ses ordres de guerre les plus célèbres : « Pas un pas en arrière ! », menaçant de sanctions draconiennes « les lâches et les traîtres », et appelant les troupes à mener, sans faiblir, la « guerre patriotique ». À la fin du mois d’août, il fit appel au général Joukov, qui avait organisé la contre-offensive de Moscou en décembre 1941, et au général Vassilevski ; il leur confia la charge de défendre Stalingrad. Ceux-ci proposèrent d’user peu à peu la résistance de l’ennemi en le forçant à mener un combat sanglant, pendant qu’ils rassemblaient des moyens pour contre-attaquer.

Outre les corps d’armée allemands, Hitler fit appel à des troupes roumaines, italiennes et hongroises. Au matin du 19 novembre, dans la neige et le brouillard, deux divisions blindées soviétiques lancèrent une offensive contre les régiments roumains basés à l’ouest et au sud de Stalingrad, puis se rejoignirent trois jours plus tard à Kalatch, sur le Don, encerclant la VIe armée allemande et la moitié de la IVe, ainsi qu’un certain nombre d’unités roumaines. Hitler ordonna au maréchal Paulus, commandant de la VIe armée allemande, de tenir bon en attendant le soutien logistique qui devait arriver par avion et il chargea Manstein, devenu maréchal, d’organiser les renforts. Le pont aérien ne put faire parvenir les 300 t de ravitaillement par jour dont Paulus avait besoin, et les renforts envoyés par Manstein furent arrêtés à 55 km de l’enclave à la fin du mois de décembre. La VIe armée était condamnée si elle ne tentait pas une sortie, mais Hitler refusa d’autoriser une telle manœuvre.

Les Russes attaquèrent l’enclave sur trois fronts et y pénétrèrent en janvier 1943 ; l’armée allemande se retrouvant encerclée, Paulus dut capituler le 2 février 1943 et plus de 90 000 hommes furent faits prisonniers, alors que 200 000 soldats allemands étaient morts. La bataille de Stalingrad fut un tournant majeur de la guerre. Les Allemands, forcés de se retirer du Caucase, furent repoussés quasiment jusqu’aux positions qu’ils occupaient au début de l’offensive du printemps 1942. Désormais, sur le front de l’Est, l’initiative stratégique passa aux Soviétiques. Mais la défaite militaire allemande eut des conséquences psychologiques : Stalingrad témoignait de la force du communisme.

4) Le développement des résistances face à la répression et à l’extermination

A) La mise en place du génocide

Dès juillet 1941, la « solution finale du problème juif » fut élaborée par Hitler. Le IIIe Reich s’attaqua aux Juifs, ainsi qu’aux Tsiganes, aux Slaves, aux homosexuels et à toute personne considérée comme « ennemi du Reich » (communiste, résistant, etc.). Les massacres de population civile étaient pratiqués couramment par l’Allemagne nazie, mais également par l’Union soviétique. Cette politique fut parfois soutenue par des gouvernements occidentaux ; ce fut, en partie, le cas du gouvernement de Vichy qui mena, à partir d’octobre 1940, une politique de collaboration avec le IIIe Reich et dont la police participa à l’arrestation, à la persécution et à la déportation des Juifs. Voir aussi Holocauste ; Génocide ; Camp de concentration.

B) L'essor des résistances

Face à l’Occupation, des mouvements résistants s’organisèrent en réseaux. Cette résistance prit plusieurs aspects : militaire, politique et idéologique. En Yougoslavie, Tito symbolisa la résistance communiste ; en Pologne se développa une armée intérieure ; en URSS, les Partisans tentèrent de contrer les troupes allemandes. En France, la Résistance se cristallisa peu à peu autour du général de Gaulle, qui avait lancé de Londres, le 18 juin 1940, son premier appel à continuer la lutte et pris la tête des Forces françaises libres (FFL). Sur le territoire français, les résistants pratiquaient des activités de propagande, de sabotage et de renseignement. Divers mouvements coexistaient au sein de la Résistance et il fallut attendre 1943 pour que Jean Moulin unifie ces diverses factions en constituant le Conseil national de la Résistance (CNR).

L’insurrection du ghetto de Varsovie représente un autre exemple de résistance. Dès 1940, les autorités nazies avaient installé un ghetto dans la capitale polonaise, d’où environ 310 000 Juifs furent déportés vers les camps de concentration, entre juillet et octobre 1942. À la suite de la proclamation de la « solution finale », le ghetto de Varsovie se souleva du 19 avril au 16 mai 1943. Le bilan fut lourd : 7 000 Juifs furent massacrés et 50 000 déportés.

5) Élaboration des stratégies et intervention militaire en 1943

A) La conférence de Casablanca

Après le débarquement en Afrique du Nord, du 14 au 24 janvier 1943, Roosevelt, Churchill et leurs collaborateurs se rencontrèrent à Casablanca afin d’établir une stratégie au sujet des nouvelles opérations militaires. Ce fut l’idée des offensives périphériques en Méditerranée, notamment en Sicile, en Italie et en Grèce, qui fut retenue. En outre, les Britanniques et les Américains tentèrent de réconcilier les Français d’Alger avec ceux de Londres. Enfin fut décidée la « reddition inconditionnelle de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon », ce qui excluait tout processus de négociation.

À Casablanca, les Britanniques et les Américains décidèrent également de mener une offensive aérienne stratégique (bombardement) contre l’Allemagne, en prélude à une opération de débarquement, mais deux méthodes s’opposèrent : les Britanniques avaient construit des bombardiers lourds, les Lancaster et les Halifax, conçus pour des opérations nocturnes et pour le bombardement de zones larges ; en revanche, les Américains pensaient que leurs forteresses volantes B-17 et leurs Liberator étaient suffisamment armés, blindés et équipés de viseurs précis, pour voler de jour et frapper des cibles de taille réduite. Chaque nation utilisa sa propre méthode. Le résultat fut appelé « round-the-clock bombing » (bombardements 24 h sur 24). Les Britanniques effectuèrent, à la fin du mois de juillet 1943, quatre raids aux bombes incendiaires sur Hambourg : ils détruisirent dans les flammes la plus grande partie de la ville et firent au moins 50 000 victimes.

B) La bataille de Koursk

Sur le front de l’Est, Hitler savait qu’il ne pourrait pas assumer une nouvelle offensive d’été et envisageait de bâtir à l’est une fortification comparable au mur de l’Atlantique, qu’il faisait alors construire le long du littoral de l’Europe occidentale. Un saillant du front, autour de la ville de Koursk, donna à l’état-major l’idée de tenter un encerclement des troupes que les Soviétiques avaient massées dans cette poche.

Le 5 juillet 1943, après avoir attendu pendant trois mois l’arrivée de nouveaux matériels, Hitler engagea le combat à Koursk, attaquant au nord et au sud du renflement. Joukov et Vassilevski veillaient et avaient solidement renforcé le front aux alentours. Au cours d’une des plus grandes batailles de chars de la guerre, les Soviétiques combattirent les Allemands jusqu’à immobilisation presque complète, le 12 juillet. Hitler fut contraint de mettre fin à l’opération, qui devenait un désastre, car les Britanniques et les Américains venaient de débarquer en Sicile et il lui fallait transférer au plus vite des divisions en Italie. À partir de ce moment, l’initiative stratégique passa définitivement aux armées soviétiques.