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À l’aube du 1er septembre 1939, l’armée allemande entra en Pologne. Le 3 septembre, les Français et les Britanniques, enfin convertis à une politique de fermeté, déclarèrent la guerre à l’Allemagne, mais ils ne prévoyaient pas pour autant de porter une assistance active aux Polonais, assistance que la géographie rendait d’ailleurs presque impossible. Les États-Unis restèrent neutres, même si, dès le début du conflit, le président Roosevelt ne cacha pas sa sympathie pour les démocraties.

Dans le domaine économique, la France et le Royaume-Uni n’étaient pas prêts à soutenir une économie de guerre ; les deux États avaient besoin de temps pour convertir leurs industries et soutenir l’effort de guerre. En revanche, l’Allemagne était en état de soutenir une guerre. En ce qui concernait les ressources humaines, la supériorité était du côté des Alliés, grâce à leurs colonies. Dans le domaine militaire, les forces s’équilibraient à peu près ; le Royaume-Uni ayant cependant l’avantage grâce à sa marine. En fait, les différences entre les deux camps n’étaient pas dans les forces en présence, mais dans les conceptions stratégiques : d’un côté, Hitler souhaitait mener une guerre courte et offensive, tandis que les démocraties, cherchant à gagner du temps, adoptèrent une stratégie défensive.

1) La Blitzkrieg en Pologne

La Pologne opta pour une stratégie qui visait à défendre la totalité de sa frontière et se prépara à un conflit long qui serait précédé, pensait-elle, de plusieurs semaines d’escarmouches. Elle se trompait radicalement. Le 1er septembre 1939 au matin, des vagues de bombardiers allemands détruisirent les voies ferrées et stoppèrent net la mobilisation polonaise. Quatre jours plus tard, deux offensives terrestres conjointes, l’une, au nord, par la Prusse-Orientale, l’autre, au sud, par la Silésie, percèrent le front en deux points, et deux divisions blindées se dirigèrent à vive allure vers Varsovie et Brest-Litovsk. Les Polonais firent les premiers l’expérience de la blitzkrieg (« guerre-éclair »), c’est-à-dire l’utilisation coordonnée des blindés (les Panzerdivisionen), de l’aviation et de l’infanterie motorisée pour encercler l’ennemi dans un mouvement en tenaille.

Entre le 8 et le 10 septembre, les Allemands bloquèrent Varsovie par le nord et par le sud, coinçant les troupes polonaises à l’ouest de la capitale. Le 17 septembre, ils fermèrent une seconde ligne d’encerclement de 160 km à l’est, près de Brest-Litovsk. Le même jour, conformément au protocole secret du pacte germano-soviétique, l’Armée rouge franchissait la frontière orientale. Le 20 septembre, pratiquement tout le pays était tombé aux mains des Allemands ou des Soviétiques et seules quelques enclaves résistaient encore. Varsovie, encerclée et soumise à des bombardements intensifs, tomba le 27 septembre ; les troupes allemandes, en présence du Führer, y firent une entrée solennelle le 2 octobre. Dès le 28 septembre, un nouvel accord germano-soviétique fut signé à Moscou. Selon cet accord, l’URSS s’empara des territoires peuplés de Biélorussiens et d’Ukrainiens qu’elle avait perdus en 1921, tandis que l’Allemagne annexait la zone du corridor de Dantzig (voir Gdansk), la Posnanie et la Silésie. Les conséquences de cette défaite furent dramatiques pour la Pologne ; outre les destructions, les morts, les blessés et les prisonniers, le pays disparaissait en tant qu’État et allait être livré à une féroce exploitation, menée par un gouvernement général de Pologne institué par Hitler. Le gouvernement polonais en exil s’installa en France avant de gagner la Grande-Bretagne, en 1940.

2) La drôle de guerre

À l’ouest, la stratégie française était strictement défensive, consistant à tenir les fortifications de la ligne Maginot. Une fois la Pologne anéantie, la France et le Royaume-Uni demeurèrent dans l’expectative, voulant éviter une sanglante répétition de la Première Guerre mondiale. Hitler semblait vouloir entreprendre des négociations, alors que, dans le même temps, il ordonnait à ses généraux de préparer une attaque des Pays-Bas et de la France. Les Français et les Britanniques se contentèrent donc, tout en essayant d’accélérer leur réarmement, de faire le blocus des côtes allemandes, ne croyant pas vraiment à une attaque d’Hitler. Ainsi, à part en mer, où les sous-marins allemands s’attaquèrent aux navires marchands, il n’y eut pas d’affrontement direct sur le front occidental : ce fût la drôle de guerre. Pendant neuf mois, les armées françaises et allemandes restèrent face à face, sans rien tenter. Cette inactivité eut des répercussions négatives au sein d’une opinion française, déjà très divisée quant à l’entrée du pays dans ce nouveau conflit. En outre, les Allemands s’efforcèrent d’affaiblir le moral des troupes françaises par une intense propagande, notamment radiophonique.

3) La guerre en Europe du Nord

Staline avait des revendications territoriales concernant la Finlande. Ainsi, le 30 novembre 1939, après deux mois de conflit diplomatique, l’Union soviétique déclara la guerre à la Finlande. Staline aurait souhaité mener sa propre blitzkrieg, mais ses plans échouèrent. Les Finlandais, sous les ordres du maréchal Carl Mannerheim, étaient experts en matière de combat d’hiver ; en outre, les troupes soviétiques étaient assez mal dirigées, en partie à cause des purges politiques dont avaient été victimes de nombreux officiers de l’Armée rouge dans les années précédentes. Les Finlandais résistèrent donc et continuèrent à se battre jusqu’à l’année suivante.

L’attaque de la Finlande et la résistance de son armée déclenchèrent une vague de sympathie internationale à l’égard de l’agressée — et une réprobation équivalente à l’égard de l’agresseur. Le conflit fournit aux forces franco-britanniques, en quête de stratégies périphériques, un prétexte pour tenter une intervention en Norvège alors que ce pays, tout comme le Danemark et la Suède, avait affirmé sa neutralité. Français et Britanniques surveillaient depuis longtemps la mine de Kiruna, au nord de la Suède, principale source de minerai de fer de l’Allemagne : le minerai était acheminé en été par la mer Baltique et en hiver par le port norvégien, libre de glace, de Narvik puis, par les eaux neutres de la Norvège, avant d’être transporté en Allemagne. La voie ferrée Narvik-Kiruna était reliée au réseau ferroviaire finlandais ; par conséquent, une troupe envoyée au secours des Finlandais était en mesure d’occuper Narvik et Kiruna. Le problème était de convaincre la Norvège et la Suède de coopérer pour couper la « route du fer », ce que ces deux pays refusaient d’entreprendre.

Le chef de la flotte allemande, l’amiral Erich Raeder, pressa Hitler d’occuper la Norvège de manière préventive, d’autant que ses ports sur l’Atlantique Nord étaient d’un intérêt stratégique évident pour la flotte allemande et ses sous-marins. Hitler, cependant, ne manifesta que peu d’intérêt pour ce projet avant janvier 1940. À ce moment, les conditions météorologiques, défavorables au plan d’invasion brutale des Pays-Bas et de la Belgique, l’incitèrent à reconsidérer ses positions et à modifier l’ordre des opérations. Selon les études des experts, il était préférable de prendre la Norvège en débarquant simultanément dans les villes portuaires situées entre Narvik et Oslo. Comme il fallait acheminer les troupes par navires de guerre et que ceux-ci constitueraient, durant le transport, des proies faciles pour la marine britannique, l’opération devait être exécutée quand les nuits étaient encore longues. L’invasion du Danemark ne posait aucun problème stratégique ; elle devait précéder l’opération en Norvège pour que l’aviation puisse se servir des aérodromes danois.

En Finlande, les troupes soviétiques continuèrent d’avancer et les Finlandais furent contraints de signer l’armistice le 12 mars 1940. Staline annexa une partie du territoire, mais laissa son indépendance au pays.

Hitler approuva finalement les plans d’invasion de la Norvège et du Danemark le 2 avril ; les bâtiments de guerre prirent la mer le 7 avril. Pendant ce temps, un corps expéditionnaire britannique posa des mines près du port de Narvik. Les forces franco-britanniques avaient conservé l’idée de couper à tout prix la « route du fer » en minant les eaux norvégiennes. Cependant, le débarquement allemand commença, sans rencontrer d’opposition sérieuse, dans la matinée du 9 avril. Les Allemands utilisèrent pour la première fois des divisions parachutées. Le Danemark se rendit immédiatement et les débarquements s’effectuèrent sans encombre partout, sauf à Oslo. Là, un fort bloqua l’approche par la mer et le brouillard empêcha toute intervention de l’aviation. L’artillerie côtière réussit à couler un navire allemand ; néanmoins la capitale tomba à midi. Le gouvernement, prêt à se battre, s’était replié à Elverum, dans les montagnes ; il rejoignit bientôt le roi, réfugié au Royaume-Uni. Les tentatives franco-britanniques en Norvège, qui remportèrent quelques succès, furent interrompues par l’invasion de la France.

Les Norvégiens, aidés par des soldats français et britanniques débarqués, résistèrent dans la région située entre Oslo et Trondheim jusqu’au 3 mai. À Narvik, les Alliés résistèrent plus longtemps (jusqu’au 28 mai), mais les Allemands étaient avantagés par la nature accidentée du terrain et surtout par la lenteur des mouvements de leurs adversaires. Cependant, au début du mois de juin, la situation militaire catastrophique dans les Flandres obligea la France et la Grande-Bretagne à rappeler leurs corps expéditionnaires.

4) La campagne de France (mai-juin 1940)

A) La stratégie d’Hitler

Au printemps, Hitler était satisfait de la nouvelle stratégie élaborée par son état-major : il s’agissait d’une réédition un peu modifiée du plan Schlieffen de 1914 ; le général Erich von Manstein et ses conseillers avaient persuadé Hitler d’attaquer en tenaille par le nord, aux Pays-Bas et par le sud, en Belgique, mais en créant un effet de surprise : le gros des troupes devait déboucher de la forêt ardennaise. Les Ardennes, vallonnées et boisées, n’étaient pas le terrain de prédilection des chars d’assaut, mais Manstein affirmait que l’ennemi ne s’attendrait pas à une attaque importante à cet endroit. Les tanks devaient ensuite se lancer vers l’ouest, encerclant les Belges, mais surtout les Britanniques et une partie des Français qui se seraient portés au secours des deux pays attaqués. Après avoir atteint la côte et écrasé l’ennemi en Belgique, l’armée allemande pourrait faire volte-face et procéder à l’encerclement du reste des armées françaises, massées le long de la ligne Maginot, dans le nord-est de la France.

B) L’attaque allemande

Quand l’attaque fut lancée, le 10 mai 1940, les deux camps étaient à peu près à égalité d’effectifs en hommes et en chars, mais les Allemands bénéficiaient d’une très nette supériorité aérienne (Stukas pour les bombardements en piqué) et de l’avantage conféré par le regroupement de leurs chars en divisions blindées. De plus, l’Allemagne imposait sa stratégie offensive alors que ses adversaires, adeptes d’une stratégie défensive, se retrouvaient surpris, débordés et devaient improviser sans grande cohérence entre les différents états-majors. Enfin, contrairement à ce qu’avaient préconisé certains membres de l’armée française (en particulier, le général de Gaulle), les chars n’étaient pas regroupés en divisions, mais dispersés parmi les troupes d’infanterie et, donc, dans l’incapacité d’affronter efficacement les formations blindées de Panzers.

Le 10 mai, les troupes aéroportées allemandes atterrirent en Belgique et en Hollande afin de s’emparer des aérodromes, des ponts, des nœuds ferroviaires ainsi que du fort belge d’Eben-Emael, sur la Meuse. L’armée hollandaise se rendit le 14 mai 1940, quelques heures après que les bombardiers eurent détruit le secteur des affaires de Rotterdam. La reine et le gouvernement néerlandais avaient pris la décision de se réfugier au Royaume-Uni. Le 14 mai également, le gros des forces allemandes, précédé du groupe de Panzers, déboucha des Ardennes, ayant balayé la résistance française et enfoncé victorieusement les lignes à Sedan ; elles foncèrent vers la mer, passant derrière les armées françaises et britanniques, venues au secours des Belges. Le roi de Belgique se rendit le 28 mai, avec une grande partie de l’armée belge, mais le gouvernement exilé décida de continuer la lutte.

Le 21 mai, les Panzers, protégés par les Stukas, prirent Abbeville, à l’embouchure de la Somme, et continuèrent leur progression vers le nord, en longeant la côte. Le 26 mai, les Français et les Britanniques étaient acculés dans la poche de Dunkerque. Une flottille hétéroclite fut rassemblée en toute hâte à Douvres pour tenter de sauver le corps expéditionnaire britannique de la reddition. Du 28 mai au 3 juin, malgré les bombardements intensifs, 300 000 hommes (dont 100 000 Français) embarquèrent à Dunkerque et purent gagner la Grande-Bretagne.

Devant la débâcle des armées françaises et la perte de la région industrielle du Nord, le président du Conseil, Paul Reynaud avait limogé le général Gamelin, remplacé par le général Weygand, qui tenta de reconstituer une ligne de défense de la Somme à la Meuse, sur l’Oise et l’Aisne. Mais, dès le 5 juin, cette ligne fut enfoncée et les divisions allemandes entamèrent leur progression vers le sud, précédées de flots de réfugiés, jetés sur les routes de l’exode. Le 10 juin, jour d’entrée en guerre de l’Italie, le gouvernement français, le président de la République, Albert Lebrun, et le Parlement, suivis du corps diplomatique, quittèrent Paris, déclarée ville ouverte, pour s’installer en Touraine, puis à Bordeaux. Paris fut prise par les forces allemandes le 14 juin.

C) L'armistice

Le gouvernement français était très partagé : certains ministres préconisaient de demander au plus vite l’armistice — c’était le cas du maréchal Pétain, ministre d’État, qui soutenait la proposition de Weygand — alors que Paul Reynaud, président du Conseil, Georges Mandel, ministre de l’Intérieur, ou Charles de Gaulle, qui venait d’être nommé sous-secrétaire d’État à la Guerre, voulaient organiser la résistance, éventuellement depuis les colonies, si le gouvernement était contraint de quitter la métropole. C’était aussi le parti du président du Sénat, Jules Jeanneney, et de celui de la Chambre des députés, Édouard Herriot. L’armistice avait donc ses adversaires et ses partisans. Les premiers préconisaient une simple capitulation militaire afin de continuer la lutte aux côtés du Royaume-Uni, à partir de l’Afrique du Nord, ce qui nécessitait un transfert du gouvernement français et le transport des troupes et du matériel ; les seconds pensaient que le gouvernement devait rester sur le territoire de la métropole et limiter les conséquences immédiates du désastre. Surtout en préférant l’armistice à la seule capitulation, ils souhaitaient voir la République et le gouvernement endosser la responsabilité de la défaite, et non pas les militaires. Mais la progression rapide des forces allemandes et le sentiment qu’une majorité se dessinait désormais en faveur de l’armistice poussèrent Paul Reynaud à démissionner, le 16 juin. Le 17 juin, le maréchal Pétain, appelé par Albert Lebrun à former le nouveau cabinet, présentait aux Allemands une demande d’armistice. De nombreux parlementaires s’embarquèrent sur le Massilia pour gagner les colonies ; de Gaulle repartit en toute hâte pour le Royaume-Uni, d’où il allait lancer, le 18 juin 1940, le premier appel à la Résistance.

Troupes allemandes à Paris (1940) Dès juin 1940, les Allemands, conformément à l'armistice signé le 22, occupent la partie nord du pays. En septembre, ils défilent triomphalement sur les Champs-Élysées.Hulton Deutsch

L’armistice fut signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le wagon de l’armistice de 1918. Les clauses furent sévères : la France était coupée en deux par une ligne de démarcation, le Nord et tout le littoral occidental passant sous contrôle allemand, et la zone Sud restant sous l’autorité du gouvernement français, qui partit s’installer à Vichy. L’armée fut démobilisée, à l’exception d’une force de 100 000 hommes. La flotte désarmée devait passer sous contrôle italo-allemand. Les bâtiments français, qui, en rade de Mers el-Kébir, refusèrent de rejoindre la flotte britannique, par fidélité à Pétain, furent coulés, le 3 juillet 1940, sur ordre de Churchill, qui préférait ouvrir le feu sur les navires français avant qu’ils ne passent sous contrôle allemand (voir Mers el-Kébir, attaque de). Vichy rompit ses relations diplomatiques avec Londres. La France, soumise à l’occupation dans sa partie nord, devait verser de surcroît un lourd tribut à l’occupant : 400 millions de francs par jour. En France, le nouveau régime, installé à Vichy, prit le nom d’État français. Philippe Pétain, le chef de l’État français, fit entrer Pierre Laval dans son gouvernement. Celui-ci fit voter, le 10 juillet 1940, les pleins pouvoirs au Maréchal ; c’était la fin de la IIIe République et le début de la Révolution nationale. Voir Vichy, gouvernement de.

5) Le Royaume-Uni face aux puissances de l’Axe

A) La bataille d’Angleterre

Au cours de l’été 1940, Hitler était devenu maître de l’Europe du cap Nord jusqu’aux Pyrénées. Seul le Royaume-Uni continuait la lutte : son nouveau Premier ministre (depuis le 10 mai 1940), Winston Churchill, refusait avec mépris les tentatives de négociations esquissées par l’Allemagne. Les États-Unis, choqués par la défaite de la France, entamèrent bien un premier pas vers un engagement plus substantiel en votant la première conscription de leur histoire effectuée en temps de paix (septembre 1940, Selective Service Act, le service militaire sélectif) et en augmentant considérablement leur budget militaire, mais l’opinion publique refusa toute entrée en guerre.

Dans un premier temps, les Allemands espéraient soumettre les Britanniques en coupant leurs communications maritimes. En juin 1940, ils entreprirent la bataille de l’Atlantique, utilisant leur armement sous-marin pour couper le Royaume-Uni de ses ressources extérieures. Les Allemands disposaient maintenant de bases sous-marines en Norvège et en France. Les convois subirent donc les redoutables attaques allemandes jusqu’en 1943 et même au-delà.

Mais, durant l’été 1940, il sembla à Hitler que la solution la plus expéditive pour en finir avec la Grande-Bretagne était de l’envahir, ce qui impliquait de faire traverser la Manche à son armée. Pourtant, Hitler ne souhaitait pas prendre un tel risque avant que l’aviation britannique ne soit neutralisée. De fait, la bataille d’Angleterre se déroula dans les airs et non sur les plages. Le 13 août 1940, la Luftwaffe (l’aviation allemande) lança des attaques de jour contre les ports et les aérodromes. À partir du mois de septembre, les bombardements massifs (le Blitz) devinrent plus violents, touchant les villes de l’intérieur. L’objectif allemand était triple : détruire le potentiel industriel britannique, terroriser la population et anéantir l’aviation du pays (la Royal Air Force, RAF). Mais les Allemands avaient compté sans un nouvel appareil, le radar, qui accrut grandement l’efficacité des Britanniques. Les pertes allemandes s’avérant très importantes, il fut alors décidé de privilégier les bombardements nocturnes. Après les régions du sud, ce fut Londres qui subit les attaques incessantes de l’Allemagne nazie. La Luftwaffe perdit plus de 2 500 avions sans réussir à détruire la flotte aérienne britannique, ni à entamer le moral de la population civile, galvanisée par les discours de son Premier ministre. Le 17 septembre 1940, Hitler dut décider de différer l’invasion à une date indéterminée : c’était le premier échec de l’Axe. Cependant, les zones de combat se déplacèrent et se généralisèrent.

B) La guerre dans les Balkans, la Méditerranée et l'Afrique du Nord (1940-1941)

En septembre 1940, Mussolini tenta sans succès d’attaquer l’Égypte, mais il fut chassé par les Britanniques, qui occupèrent à leur tour une partie de la Libye. Puis, les Italiens prirent l’initiative en Grèce, à partir d’octobre 1940. Mais là encore, ce fut un échec : les Grecs, aidés par les Britanniques, s’emparèrent de la Crète et résistèrent à l’invasion italienne. Ces opérations contraignirent Hitler à une campagne dans les Balkans, ce qui retarda son projet d’invasion de l’URSS.

Ainsi, pour soutenir Mussolini en Afrique, Hitler envoya le général Erwin Rommel et deux divisions de blindés, l’Afrika Korps, au secours de ses alliés mis à mal. Rommel refoula les Britanniques jusqu’aux portes d’Alexandrie. Enfin, les Britanniques occupèrent l’Irak et s’emparèrent de la Syrie et du Liban, en mai 1941, avec l’aide des Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle.

En outre, comme il avait besoin de traverser leur territoire pour atteindre la Grèce, Hitler fit entrer la Roumanie et la Hongrie au sein de l’Axe, en novembre 1940 ; la Bulgarie se joignit à eux en mars 1941. Dans les Balkans, la Yougoslavie refusa de s’allier à l’Allemagne ; Hitler ordonna alors son invasion.

Les opérations contre la Grèce et la Yougoslavie débutèrent le 6 avril 1941. Pour les Allemands, la principale difficulté résidait dans le transfert rapide de troupes depuis la France et l’Allemagne. L’attaque commença donc par des raids aériens. Belgrade fut bombardée le premier jour de la campagne. Le 10 avril, des offensives conjuguées furent lancées par le nord-ouest, le nord et le sud-est provoquant, le 13 avril, la prise de Belgrade et la capitulation de l’armée yougoslave, le 17 avril. La Yougoslavie fut alors démembrée et un État-satellite, confié au dirigeant fasciste Ante Pavelic, fut créé en Croatie ; mais les guérillas menées par les tchetniks nationalistes serbes sous les ordres de Dra~a Mihajlovic, et les luttes des partisans communistes dirigés par Tito se poursuivirent pendant toute la guerre.

En Grèce, l’armée fut submergée par la supériorité de la Luftwaffe et Salonique fut occupée dès le 8 avril. Près de la moitié de l’armée dut capituler alors que la première armée grecque était bloquée au col de Métsovon, dans sa retraite depuis l’Albanie ; elle dut se rendre à son tour le 22 avril 1941. Alors que le Premier ministre Koritsis s’était donné la mort le 18 avril, le roi et le gouvernement grecs quittèrent Athènes pour la Crète ; le 27 avril, les troupes allemandes entrèrent dans la capitale, le Péloponnèse fut conquis en quelques jours et, en mai 1941, l’Allemagne s’empara de la Crète. La majeure partie des troupes britanniques, accompagnées de forces grecques, réussirent néanmoins à rejoindre l’Égypte, où s’installa le gouvernement grec en exil.

6) Vers la généralisation de la guerre

Durant l’année 1941, la guerre passa dans une phase nouvelle, celle de guerre mondiale. Alors qu’il menait des campagnes militaires dans les Balkans, en Afrique du Nord, dans le ciel du Royaume-Uni et dans l’Atlantique, Hitler commença à déployer ses principales armées à l’est, ayant conclu contre l’URSS des accords avec la Finlande et avec les pays du sud-est de l’Europe, dont la Turquie.

A) La rupture germano-soviétique

Dès l’automne 1940, Hitler avait décidé d’attaquer l’URSS, étendant ainsi le conflit à toute l’Europe. Ce revirement des alliances s’expliqua par plusieurs facteurs : d’abord la région des Balkans était l’objet de rivalités entre les deux puissances ; d’autre part, Hitler avait eu l’idée de mener une guerre préventive, c’est-à-dire d’attaquer l’URSS avant que celle-ci ne l’attaque. Mais l’antagonisme germano-soviétique était surtout idéologique. Le Führer considérait, en effet, le bolchevisme comme « le mal absolu, résultat du complot juif sur la domination du monde ». Le plan d’agression contre l’URSS établi en décembre 1940, le plan Barbarossa, prévoyait d’attaquer la puissance soviétique avant qu’elle n’ait achevé sa préparation militaire. L’assaut fut lancé le 22 juin 1941. Plus de 150 divisions allemandes et une quarantaine de divisions finlandaises, roumaines, hongroises et italiennes envahirent l’URSS. Face à elles, l’Armée rouge, mal équipée et mal préparée à la guerre, fut submergée. Pendant les premières semaines, les combats se limitèrent à quelques escarmouches le long de la frontière. L’équipement soviétique était souvent obsolète, nombre de chars et d’avions étant d’anciens modèles ; en revanche, certains tanks, particulièrement les fameux T-34, étaient de loin supérieurs à ceux de la Wehrmacht. Toutefois, un grand nombre d’avions furent détruits au sol dès le premier jour de l’attaque, et les chars d’assaut, disséminés au milieu des bataillons d’infanterie (comme ceux des Français en 1940), perdirent toute efficacité contre les groupes de Panzers allemands. L’infanterie reçut tout d’abord l’ordre de contre-attaquer, ce qui était impossible, puis on lui interdit de battre en retraite, la condamnant alors à la destruction massive ou à la capture.

B) L'entrée en guerre des États-Unis

Progressivement, les États-Unis abandonnèrent leur neutralité absolue et s’engagèrent dans une confrontation avec le Japon, en Asie et sur l’océan Pacifique. De nombreuses rencontres entre Américains et Britanniques, dès janvier 1941, déterminèrent une stratégie de base pour l’entrée en guerre des États-Unis, stipulant que les deux pays concentreraient leurs efforts sur l’Allemagne. Le 11 août 1941, une nouvelle rencontre entre Roosevelt et Churchill aboutit à l’élaboration de la charte de l’Atlantique. Les deux hommes se mirent d’accord pour parvenir à la « destruction finale de la tyrannie nazie » ; en outre, après le conflit devait être institué « un système de sécurité collective », afin « d’établir un régime de collaboration économique avec les États et restaurer les droits souverains des peuples ».

En mars 1941, le Congrès américain vota la loi prêt-bail : désormais, le matériel de guerre était prêté ou loué aux Alliés. De cette façon, les États-Unis espéraient assurer la victoire sur l’Axe sans engager directement leurs troupes. Toutefois, dès la fin de l’été 1941, les États-Unis étaient en situation de guerre non déclarée avec l’Allemagne. En juillet, des marines furent basés en Islande, occupée par les Britanniques depuis mai 1940, puis la marine militaire américaine se chargea d’escorter les convois dans les eaux situées à l’ouest de l’Islande. En septembre, Roosevelt autorisa les navires, en mission de convoyage, à attaquer les vaisseaux de guerre de l’Axe.

Entre-temps, les relations entre les États-Unis et le Japon continuèrent de se détériorer. En septembre 1940, le Japon contraignit la France de Vichy à abandonner le nord de l’Indochine. Les États-Unis ripostèrent en interdisant à ses usines l’exportation d’acier, de fer, et de carburant pour avion vers le Japon. En avril 1941, les Japonais signèrent un traité de neutralité avec l’URSS afin de préserver leur front occidental, en cas de conflit avec la Grande-Bretagne ou les États-Unis — conflit prévisible dès lors qu’ils cherchaient à étendre leur influence en Asie du Sud-Est et à fonder une « sphère de coprospérité ». Les Japonais décidèrent alors d’intensifier leur progression dans le Pacifique. En juillet, le pays était maître de toute l’Indochine française. Deux jours plus tard, les États-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas gelèrent les actifs japonais afin d’empêcher le Japon d’acheter du pétrole, ce qui, à la longue, devait paralyser son armée et rendre sa flotte et son aviation complètement inutilisables. Cette décision d’embargo précipita la décision japonaise dans le déclenchement de la conquête de nouvelles régions.

Jusqu’au mois de décembre 1941, le Japon poursuivit deux objectifs : la levée de l’embargo sur le pétrole, par un accord qui lui laisserait accès aux territoires qu’il convoitait, et la préparation à la guerre. Les États-Unis ordonnèrent au Japon de se retirer de Chine et d’Indochine. La tension augmenta d’un cran avec l’arrivée du général Tojo Hideki à la tête du gouvernement japonais, le 16 octobre 1940 : c’était un partisan actif de la guerre, qui prônait une politique expansionniste du Japon.

L’armée et la marine japonaises avaient conçu un plan, dans lequel ils menaient de rapides attaques contre la Birmanie, la Malaisie, les Indes orientales et les Philippines, tout en établissant simultanément un périmètre de défense dans le centre et le sud-ouest du Pacifique. Leur principal souci était l’attitude de la flotte américaine du pacifique, basée à Pearl Harbor, au cœur de l’archipel d’Hawaii. Il fut donc décidé d’éliminer ce risque en détruisant la base de Pearl Harbor, par surprise : quelques minutes avant 8 heures du matin, le dimanche 7 décembre 1941, l’aviation japonaise, embarquée sur des porte-avions, attaqua. Le raid dura moins de deux heures ; les Américains perdirent 2 400 hommes, 18 navires et 150 avions. Avec cette attaque surprise, la marine japonaise remporta une brillante victoire ; les États-Unis déclarèrent la guerre au Japon dès le lendemain, le 8 décembre 1941, ce qui changea le cours du conflit. L’Allemagne et l’Italie déclarèrent la guerre aux États-Unis, le 11 décembre.

Ainsi, avec l’entrée en guerre de l’URSS et des États-Unis, la guerre s’étendit au monde entier. Tous les moyens (militaires, humains, économiques, etc.) furent mis en œuvre pour soutenir l’effort de guerre ; le conflit se transforma alors en guerre totale.