Empereur des Français
de 1804 à 1815
Introduction :
Absolutiste, le pouvoir de Bonaparte entraîne plusieurs tentatives
d'opposition (attentat de la rue Saint-Nicaise, complot de Cadoudal)
qui pourtant n'empêche pas sa nomination comme empereur des Français
le 18 mai 1804.
Napoléon Ier est sacré le 2 décembre
1804 à Notre-Dame de Paris par le pape Pie VII. Désormais,
l'Empereur nomme les membres de sa famille aux postes clés des
royaumes nouvellement constitués (Hollande, Westphalie, Naples)
et devient également roi d'Italie en 1805.
Son travail, comme consul et comme empereur, est immense et efficace.
Napoléon Ier poursuit la réorganisation de la justice
(Code Napoléon, Code civil, suivi du Code d'intruction criminelle
en 1808 et enfin du Code pénal en 1810) et de l'économie
(Code du commerce en 1806). Mais le règne de Napoléon
Ier est marqué par un état de guerre quasi permanent avec
une grande partie de l'Europe.
Menacée par la constitution d'une puissante armée d'invasion
stationnée sur les côtes de la Manche, l'Angleterre forme
une troisième coalition avec la Russie et l'Autriche (1805-1806).
L'Autriche capitule à la suite de la bataille d'Austerlitz (2
décembre 1805) et de la signature du traité de Presbourg
(26 décembre 1805). Les victoires sur le continent n'effacent
pas la défaite de la marine française face à l'amiral
Nelson à Trafalgar (21 octobre 1805). Napoléon met en
place le blocus continental pour isoler l'Angleterre, mais sans réel
succès.
La Prusse, l'Angleterre et la Russie forment la quatrième coalition
(1806-1808). Les victoires de Napoléon (batailles d'Iéna
et d'Auerstadt contre les Prussiens, puis prise de Berlin en octobre
1806, de Friedland contre les Russes en juin 1807) se soldent par le
traité de Tilsit qui assure la suprématie française
en Pologne et amoindrit la Prusse, tandis que les divers États
allemands se regroupent dans la Confédération du Rhin
alliée à la France. Les difficultés rencontrées
par son frère Joseph Bonaparte en Espagne en 1808 obligent Napoléon
Ier à intervenir avec la Grande Armée. Il doit laisser
le plus gros de ses troupes en Espagne pour assurer l'ordre face à
un peuple insurgé qui mène la guérilla avec l'appui
des Anglais. La résistance efficace du peuple espagnol donne
espoir à tous les ennemis de la France et de Napoléon.
La cinquième coalition (1809) tente de profiter de cette faiblesse.
Mais, battue à Eckmühl (22 avril) et à Wagram (5-6
juillet 1809), l'Autriche perd une partie de ses possessions par le
traité de Vienne (14 octobre 1809).
En 1810, l'empire napoléonien est à son apogée.
Il regroupe plus de 70 millions de personnes et s'étend sur une
très grande partie de l'Europe (750 000 km²). Napoléon
Ier se lance alors dans la campagne de Russie sans la totalité
de ses armées. Il franchit le fleuve Niemen avec 400 000 soldats
de toutes nationalités. La victoire de Borodino, de la Moskova
et la prise de Moscou (septembre 1812) semblent annoncer une nouvelle
victoire. Mais la politique de destruction systématique des villes
et des ressources par les Russes obliges Napoléon à se
retirer pendant l'hiver. La Grande Armée est décimée
par le froid et la faim et les combats contre les Russes. La campagne
de Russie est un désastre : à peine 20 000 soldats de
la Grande Armée rentrent en Allemagne en décembre 1812.
Une sixième coalition entraîne à nouveau l'Europe
contre la France. Après quelques victoires à Lützen
(2 mai 1813), Bautzen (20-21 mai 1813) et à Dresde, Napoléon
Ier recule à la bataille des Nations à Leipzig (16-18
octobre 1813), accablé par un ennemi deux fois plus nombreux.
Napoléon perd ses derniers alliés allemands qui rejoignent
la coalition. Début 1814, les Autrichiens, les Russes, les Prussiens,
les Allemands, les Suèdois, les Anglais, les Espagnols, les Portugais
et les Napolitains envahissent la France. Malgré une résistance
acharnée et de nombreuses victoires de Napoléon qui réussit
là de véritables exploits, Paris tombe le 30 mars 1814.
L'Empereur doit renoncer au pouvoir et abdique à Fontainebleau
le 6 avril 1814. Il est exilé sur l'île d'Elbe (de mai
1814 à avril 1815). La France perd toutes ses conquêtes
par le traité de Paris (30 mai 1814).
Le congrès de Vienne restaure à nouveau les États
monarchiques écrasés par l'empire napoléonien.
Mais la France sauve l'essentiel grâce à l'habileté
de Talleyrand rallié aux Coalisés. En avril 1814, Napoléon,
averti de l'impopularité de la monarchie restaurée par
les Alliés, quitte l'île d'Elbe, débarque en France
où il est accueilli en sauveur et entre à Paris abandonnée
par le roi Louis XVIII. Ce sont les Cent-Jours, du 21 mars au 22 juin
1815, qui voient Napoléon restaurer l'Empire sur une base plus
libérale. Mais l'Europe lui déclare la guerre et l'armée
de Napoléon est définitivement écrasée à
Waterloo le 18 juin 1815. Napoléon abdique une fois de plus le
22 juin 1815. Il est envoyé, sous la surveillance des Anglais,
sur l'île de Sainte-Hélène, au large de l'Afrique
du Sud, où il meurt le 5 mai 1821.
Napoléon Ier laisse une empreinte indélébile dans
les institutions et le fonctionnement de l'État français.
Sa forte personnalité a marqué les esprits de façon
durable. La légende survivra à sa mort. Il reste l'un
des plus grands et des plus célèbres personnages de l'histoire
de France et de l'Europe.
La monarchie succède à l'empire à l'été
1815 avec le retour des Bourbons sur le trône de France.
