Roi de France
de 1314 à 1316
Introduction :
Sous son règne très bref et relativement médiocre,
Louis X laisse les grands seigneurs reprendre certains de leurs privilèges
au détriment du pouvoir royal et de son unité. En effet,
l'affirmation du pouvoir monarchique sous le règne de son père
entraîne un conflit avec l'aristocratie qui voit ses prérogatives
amputées par le roi. Louis X leur sacrifie notamment Enguerrand
de Marigny, le grand ministre de son père Philippe le Bel. On doit
cependant porter à son crédit l'affranchissement, contre
paiement d'un droit, des serfs (paysans attachés à un seigneurs)
du domaine royal.
Louis X le Hutin est né le 4 octobre 1289. C'est le fils aîné
de Philippe IV le Bel et de Jeanne de Navarre.
Il épouse en 1305 Marguerite de Bourgogne, la fille de Robert II,
duc de Bourgogne. Celle-ci meurt en 1315. Louis X se remarie alors avec
Clémence de Hongrie.
Le court règne de Louis X est marqué par une dangereuse
crise de subsistance et une vague de contestation de l'autorité
royale. Les ligues féodales obtiennent ainsi de Louis X le Hutin
qu'il garantisse à travers des chartes un certain nombre de privilèges
à la noblesse. Il doit également se résoudre, sous
la pression, à faire exécuter Enguerrand de Marigny, le
grand conseiller de son père Philippe IV, peu apprécié
par les nobles revanchards, et qui profitent, en toute occasion, du faible
tempérament du nouveau roi pour arriver à leur fin.
Lors de son bref règne, Louis X mène, comme son père,
une expédition contre la Flandre, mais qui se solde, cette fois-ci,
par un échec.
Il s'éteint durant l'été 1316, ne laissant pour successeur
que sa fille Jeanne, issue de son premier mariage. Clémence de
Hongrie donne naissance à un fils dans l'été, mais
après la mort du roi. L'enfant, Jean Ier le Posthume, ne survivra
que cinq jours, mourant subitement et assez mystérieusement, laissant
libre cours à tous les soupçons et aux plus sinistres hypothèses.
Le pouvoir royal est repris par Philippe V le Long, frère de Louis
X le Hutin.
Les deux ans de règne de Louis X ne sont pas à la hauteur
de ses prédécesseurs ni de la mission qui était la
sienne. Si le domaine royal ne s'est pas agrandi, le pouvoir royal a reculé
considérablement face aux grands seigneurs qui n'ont pas hésité
à reprendre un pouvoir et des privilèges que les précédents
rois, au nom de l'unité du royaume, leur avaient progressivement
confisqués.
